logistique

15 000 robots travaillent désormais pour Amazon

Le groupe a remplacé des humains dans dix centres aux Etats-Unis. Le temps pour déplacer des objets a été divisé par six. Le nombre d’employés remplacés n’est pas connu

15 000 robots travaillent désormais pour Amazon

Logistique Le groupe a remplacé des humains dans dix centres aux Etats-Unis

Le temps pour déplacer des objets a été divisé par six. Le nombre d’employés remplacés n’est pas connu

Un employé en grève de la faim à Seattle, des débrayages à répétition en Allemagne, des appels au boycott sur Internet… Décrié dans plusieurs pays pour la manière dont il traite ses collaborateurs, Amazon a voulu redorer son image dimanche.

A la veille du «Cyber Monday» (lire encadré ci-dessous), le numéro un mondial de la vente sur Internet a convié dimanche les médias américains dans l’un de ses centres logistiques pour présenter un employé d’un nouveau type: Kiva. Après une phase de test entamée en 2013, Amazon emploie désormais 15 000 de ces robots orange.

Alors que la volonté affichée par la société de Jeff Bezos de livrer ses clients par des drones avait été très médiatisée, ses avancées dans l’automatisation ont été plus discrètes. Et pourtant, Amazon a voulu aller vite. Le groupe a acquis le fabricant de robots Kiva Systems en 2012 pour 775 millions de dollars, reconfiguré les machines pour son usage avant un déploiement de masse depuis cet été. Aujourd’hui, dix de ses cinquante centres logistiques en Californie, au Texas, en Floride, au New Jersey et dans l’Etat de Washington emploient ces robots, semblables à des aspirateurs automatiques géants. Un Kiva, pesant 145 kilos, est capable de transporter des marchandises d’un poids total de 700 kilos.

Dimanche, Amazon a donc ouvert les portes de son centre logistique de Tracy, en Californie. Là, 1500 Kiva sont désormais à l’œuvre. Combien d’employés ont-ils remplacés? Amazon n’a communiqué aucun chiffre sur ce sujet sensible, se contentant de dire que depuis 2011, le groupe a embauché 61 110 employés de plus au niveau mondial.

Par contre, le distributeur a loué l’efficacité de ses robots, chargés d’amener aux employés des marchandises réparties partout dans les entrepôts et se déplaçant à 8 km/h – ce ne sont plus ainsi les employés qui vont chercher les objets, mais les robots qui les leur amènent. Les machines sont capables de transporter 50% de marchandises de plus que les humains. Selon Dave Clark, vice-président de la logistique au niveau mondial, le temps requis pour prendre un objet sur une étagère est désormais de quinze minutes par commande, contre une heure et demie auparavant. Les derniers modèles de Kiva ont par ailleurs une capacité supérieure de 50% à celle des premiers robots. L’opération a un coût: installer des Kiva dans un centre requiert quelque 45 millions de dollars.

Les machines pourraient-elles, à terme, totalement remplacer les humains? Non, a assuré Dave Clark à Wired: «Kiva réalise le travail le plus simple. Il ne fait que déplacer l’inventaire. L’employé réalise la partie la plus compliquée, qui est de sélectionner le bon produit et de s’assurer qu’il est de qualité.» Cette visite guidée a été aussi l’occasion pour Amazon de donner une idée de la taille de son inventaire. Dans son seul centre de Tracy, baptisé OAK4, sont stockés 3,5 millions d’objets différents. Chaque jour, 700 000 d’entre eux sont expédiés depuis ce centre, qui compte au total 21 millions d’objets.

La fin de l’année est cruciale pour Amazon, le groupe réalisant durant cette période un tiers de son chiffre d’affaires annuel.

Le centre de Tracy, en Californie, compte 21 millions d’objets, dont 700 000 sont expédiés chaque jour

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