Informatique

SolvAxis délocalise le développement de son logiciel ProConcept en Inde

A la suite de son rachat par Jeeves en avril dernier, le concepteur du logiciel ProConcept, basé à Sonceboz dans le Jura bernois, monte une équipe de 30 personnes à Bangalore pour accroître sa capacité de développement. Son patron, Patrik Hug, dévoile sa stratégie et fait face aux critiques, par exemple publiées sur Internet

A la suite de son rachat par Jeeves, SolvAxis délocalise son développement en Inde

IT Le concepteur du logiciel ProConcept, basé à Sonceboz, monte une équipede 30 personnesà Bangalore

Son patron dévoile une nouvelle stratégie et fait face aux critiques

Prendre SolvAxis comme un champion local et le renforcer. En avril dernier, le groupe suédois Jeeves faisait l’acquisition de ce fleuron de Sonceboz, dans le Jura bernois, concepteur de ProConcept, un ERP (progiciel de gestion intégré en français). «Ce groupe entend devenir leader en Europe avec les ERP pour les PME», souligne Patrik Hug, directeur général de SolvAxis à l’ère suédoise, qui succède à celle de Pierre-Alain Schnegg, fondateur de la société.

Ce rachat ne s’est pas fait sans dégâts côté emploi. «Nous n’avons pas communiqué sur le nombre de licenciements, et nous ne le ferons pas», indique fermement le dirigeant, rencontré en ce jour de novembre dédié aux utilisateurs du logiciel, au Stade de Berne. Selon des sources syndicales, la perte de collaborateurs s’élève à plus de 30. «C’est clair que cela nous a quelque peu déstabilisés, mais, grâce à nos employés qui ont une très grande connaissance de la société, dès l’été, nous sommes déjà revenus à la normale», confie celui qui a mené ici sa première restructuration en tant que meneur.

En revanche, le directeur général en dévoile davantage sur la stratégie à venir, à commencer par le «offshoring». En effet, la société bernoise va accroître sa capacité de développement en Inde, à Bangalore, en s’appuyant sur l’expérience du groupe de Stockholm. «Dans une première étape, il y aura une vingtaine de développeurs, mais ensuite, Ce chiffre dépassera rapidement les 30», indique-t-il. Ainsi, les mises à jour et améliorations du logiciel annoncées (par exemple pour les clients web en janvier 2015, les sociétés décentralisées en 2016) pourront être réalisées selon le plan de route, établi jusqu’en 2018.

Autre décision sans équivoque: se recentrer sur le cœur de l’activité, l’ERP. «Par le passé, SolvAxis a mené une politique de croissance, avec un objectif annuel à 15%. Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec Jeeves. Une telle progression est certes possible, mais elle nécessite trop d’investissements, dans des produits comme le DMS (système de management des documents); c’est pourquoi nous visons plutôt les 3 à 4%. Nous avons ainsi abandonné toutes les activités connexes pour renforcer ProConcept. Nous ne revendons plus les interfaces nécessaires à l’utilisation de notre ERP», poursuit Patrik Hug.

La PME bernoise continue toutefois de commercialiser son logiciel pour les toutes petites entités, basé sur le cloud, Amanda. «Nous n’avons pas réussi à atteindre la croissance que nous espérions. Le produit est bien accepté par le marché, mais ce qui est compliqué, c’est de réaliser les ventes uniquement sur Internet, seul moyen d’atteindre une profitabilité», reconnaît le spécialiste.

Cette année de transition sera ainsi marquée par une stabilisation du chiffre d’affaires, à l’orée des 24 millions de francs. «Nous sommes très satisfaits de l’acquisition de clients, puisque nous en avons enregistré 26 dans les douze derniers mois et sept dans les trois derniers, se félicite le patron de SolvAxis. Nous souhaitons consolider l’ensemble en 2015 et, surtout, accroître la capacité de développement en Inde.»

Sur Internet, plusieurs voix critiques s’élèvent à la suite du rachat. «Nous avons 25 tâches en attente… certaines sans date. Les réponses qui nous sont faites [par SolvAxis donc] sont parfois légères et peu professionnelles. Et depuis le rachat, de moins en moins de répondant», écrit par exemple sur LinkedIn un chef IT d’une manufacture horlogère des Montagnes neuchâteloises. Contacté, un confrère vaudois ajoute que le plus embêtant, ce sont les «bugs», qui seront seulement corrigés dans la nouvelle version: «En attendant, on fait quoi?»

«Nous prenons les critiques sérieuses en compte, assure Patrik Hug. Nous avons d’ailleurs nos propres mesures internes et la note pour le support client est par exemple de 3,62 sur 4. Toutefois, si des clients ont le sentiment que la réactivité n’est pas là, alors c’est que nous pouvons encore nous améliorer.»

Si la Suisse et la zone frontalière avec la France restent la cible de l’éditeur de Sonceboz, la volonté d’internationaliser le produit ProConcept est bien présente. «Nous n’attaquerons pas directement d’autres marchés, la commercialisation se fera via Jeeves, à un horizon 2017, selon nos plans», conclut le directeur général.

«Par le passé, SolvAxis a mené une politique de croissance. Ce n’est plus le cas aujourd’hui»

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