développement

Le choix du capital-risque pour maximiser l’impact

Fondée en 2010, Quadia a pour objectif de mettre en avant la valeur ajoutée durable d’un produit

Le capital-risque pour maximiser l’impact

Relier de manière directe l’investisseur privé au résultat: voilà ce qui a poussé Guillaume Taylor à quitter la gestion de fortune. En 2010, il fonde Quadia et se lance dans le capital-risque durable. Depuis, sa société a financé une vingtaine de jeunes sociétés situées dans toute l’Europe pour un flux total de 70 millions de francs.

Une des priorités de Quadia est d’avoir accès à un maximum de projets. Un réseau dense de contacts a permis d’en faire affluer 1400 en 4 ans: excellente manière de voir quelles sont les tendances, où sont les besoins. Le capital-risque durable requiert aussi des compétences d’analyse multiples. Pour déterminer si la société a la capacité de survivre de manière performante. Mais aussi pour mesurer l’impact environnemental et social. «Nous devons évaluer quelle valeur immatérielle, en l’occurrence durable, notre investissement peut faire émerger dans la société visée», indique Guillaume Taylor. Ces études sont confiées à six experts internes renforcés d’une douzaine de conseillers extérieurs.

Des valeurs sociales et environnementales

Quadia a constaté que c’était sur le positionnement durable du produit, bien plus que sur la gouvernance durable, qu’il fallait travailler. Son cœur de cible: des sociétés qui ne se considèrent pas forcément comme étant durables, mais qui ont un produit avec une dimension durable.

Comme Cavendish Kinetics, société britannique qui a développé une antenne améliorant la transmission des données. Ou Glo, entreprise suédoise qui accroît la qualité des images sur écran. «Ces deux innovations augmentent le confort de l’utilisateur, mais réduisent aussi la consommation d’énergie. Cet aspect environnemental était négligé. Nous avons fait mesurer l’impact de cette économie et nous lui avons donné une valeur commerciale» détaille-t-il.

Autres firmes financées par Quadia: KKB, producteur d’électricité issue d’énergies renouvelables, CermaVein, inventeur d’une méthode à base de vapeur pour éliminer les veines variqueuses, Pakka, auteur d’un système de commerce équitable efficace… «Nous sommes également persuadés qu’une société qui se positionne sur les valeurs environnementales et sociales réalisera de meilleures performances», insiste Guillaume Taylor. Les investissements se faisant au minimum sur cinq ans, Quadia ne peut toutefois pas encore afficher de bénéfices tangibles.

Mais la démarche intéresse: une multinationale a récemment confié à Quadia la mission de convertir à la durabilité certains de ses fournisseurs.

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