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«A noter que c’est un client très parano…»

Les fiches Falciani montrent les ruses employées par les clients pour rester discrets. Et reflètent une certaine paranoïa…

«A noter que c’est un client très parano…»

Il y a un folklore du secret bancaire, fait de cachotteries plus ou moins cocasses. On en trouve de nombreux exemples dans les fiches soustraites à HSBC par Hervé Falciani.

Le sentiment de paranoïa y est très présent. Ainsi, un avocat parisien qui a défendu de nombreuses célébrités intitule son compte «Parano 69». Un client espagnol, actif dans la construction et déjà octogénaire en 2004, voit sa fiche affublée d’une mention en majuscules: «A NOTER QUE C’EST UN CLIENT TRES TRES PARANO, ET IL NE VEUX PAS ME DONNER SES Coordonnées, C’EST UNIQUEMENT LUI QUI NOUS CONTACT [sic].»

Un financier belge trouve des codes farfelus pour se présenter aux banquiers. «Avons interdiction d’appeler le client en Belgique, précise une note du 3 février 2005. C’est toujours lui qui nous appelle. Il tél. aujourd’hui; se présente souvent sous le nom d’un joueur de football («Zidane», «Cruyf»…); désire connaître le… prix du caviar, c.-à-d. le total de ses avoirs.» Décrit comme «angoissé» et «instable», ce client a besoin d’argent liquide: «Retrait cash euro 6000.- en billets usagés et CHF. 1000.-», précise sa fiche.

Certains clients, craintifs, changent parfois de pseudo. «Le trust a téléphoné pour nous aviser que si le client téléphonait et s’annonçait Ran il ne fallait en aucun cas répondre et que dorénavant on pouvait lui répondre uniquement si il s’annonçait sous Ranji», précise la fiche d’un diamantaire anversois.

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