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Pour Lombard Odier, la philanthropie n’est pas un outil marketing

La banque genevoise, via sa fondation, donne chaque année entre 1 et 1,5 million de francs. Elle conseille également ses clients qui souhaiteraient faire don d’une partie de leur fortune

La philanthropie n’est pas un outil marketing, selon Lombard Odier

Fondation La banque genevoise donne chaque année entre 1 et 1,5 million de francs

Elle conseille également ses clients qui souhaiteraient faire don d’une partie de leur fortune

Tables rondes, conférences, inauguration d’une Maison des fondations à Genève en septembre 2012: jusque-là plutôt discret, voire opaque pour certains, le monde de la philanthropie (13 000 fondations en Suisse pour 80 milliards d’actifs) s’entrouvre. Lundi matin, c’est la Fondation Lombard Odier, présidée depuis 2004 par Thierry Lombard, qui a décidé de présenter ses activités à des journalistes réunis dans les bureaux genevois de la banque. Une première.

«Cette ouverture fait partie d’une réflexion que nous avons eue avec d’autres acteurs de la philanthropie en Suisse, explique Karin Jestin, secrétaire générale de la Fondation Lombard Odier. Nous sommes arrivés à la conclusion que pour avoir plus d’impact sur la société, il nous fallait non seulement coopérer davantage mais aussi nous faire connaître à l’extérieur, à la fois pour informer le public et pour susciter des vocations auprès de mécènes potentiels.»

Membre du comité de direction de SwissFoundations, association faîtière du secteur, Karin Jestin rappelle ainsi que Genève n’aurait pas le même visage si elle n’avait pu compter sur de généreux bienfaiteurs. Que le Musée Rath, le Victoria Hall ou encore le bois de la Bâtie ont tous été légués à la ville.

La Fondation Lombard Odier, elle, investit surtout dans le domaine de l’environnement, de la santé et de l’innovation. Chaque année, elle finance ainsi plusieurs projets – en partenariat avec le CICR, l’EPFL, WWF International et Swissnex notamment – pour un montant total qui oscille entre 1 et 1,5 million de francs.

A côté de sa propre fondation, Lombard Odier propose à ses clients de faire don, eux aussi, d’une partie de leur fortune via Philanthropia. «Depuis la mise en place de cette fondation en 2009, nous avons récolté 100 millions de dons, dont 44% ont déjà été dépensés», se réjouit Karin Jestin. Si la banque offre des conseils à ses «clients-mécènes», ces derniers décident seuls du domaine dans lequel ils souhaitent s’engager. Un tiers a ainsi opté pour la lutte contre le cancer, précise la responsable.

Aujourd’hui, la banque genevoise, qui comptait 156 milliards de francs sous gestion l’été dernier, dispose d’une équipe de cinq personnes actives dans la philanthropie. Dont trois conseillers qui travaillent à la fois pour la Fondation Lombard Odier, pour Philanthropia mais également pour les clients qui souhaiteraient créer leur propre fondation.

Alors que la place financière suisse traverse une période difficile avec la fin du secret bancaire, faut-il voir dans la philanthropie un outil marketing permettant d’attirer de nouveaux fonds? «Nous espérons que nos clients nous sélectionnent d’abord pour nos capacités dans la finance, rétorque Thierry Lombard. Notre responsabilité est avant tout de bien gérer leur patrimoine.»

Selon lui, la très grande majorité de ceux qui recourent à des services de philanthropie étaient ainsi déjà des clients de la banque. Et l’ancien associé senior de la banque, qui a pris sa retraite à la fin de 2014, de conclure: «Je ne crois pas que l’on puisse corriger les erreurs du passé par de bonnes intentions.»

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