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Le déclin du tourisme alpin se poursuit

Depuis 2005, les régions de montagne ne connaissent plus une croissance des nuitées comparable à celle des villes. Le Valais s’en tire mieux que les Grisons ou le Tessin

Le déclin du tourisme alpin se poursuit

L’année dernière, à quinze jours de la décision de la Banque nationale suisse, a été globalement une bonne année pour le tourisme suisse. 310 000 nuitées supplémentaires ont été enregistrées, soit une progression de 0,9%, à 35,9 millions. Les touristes suisses, restés fidèles au pays, ont largement contribué à ce résultat. Le seuil des 16 millions de nuitées a été franchi, ce qui n’était plus arrivé depuis le début des années 1990.

Les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, publiés lundi, reflètent cependant une image contrastée du secteur selon les lieux de séjour et le type de tourisme choisi. Les tendances fondamentales de changement structurel de la branche sont confirmées. Le tourisme d’affaires se porte ainsi nettement mieux que le tourisme de loisirs, en sensible recul en particulier dans les Alpes.

Jusqu’au début des années 2000, le tourisme de montagne a progressé de manière parallèle à celui des affaires dans les villes. Un net décrochage s’est produit à partir de 2005, faisant aujourd’hui du tourisme d’affaires la principale source de revenus de ce secteur, qui représente 4% du produit intérieur brut et près de 5% des recettes d’exportation.

La région zurichoise a enregistré en 2014 l’augmentation absolue la plus importante, avec 130 000 nuitées supplémentaires, en progression de 2,4%. Celle de Bâle a progressé de 5,2%, alors que Genève a vu son nombre de nuitées augmenter de 1,9%. La région alpine, à part Lucerne qui allie ville, montagne et tourisme d’achat, a globalement souffert d’une diminution des nuitées. Le recul le plus marqué se situe dans les Grisons (–109 000 nuitées, soit –2,1%), suivis du Tessin (–92 000 nuitées, soit –3,8%). Le Valais a en revanche assuré une certaine stabilité.

Au fil des années, les hôtes asiatiques et du Moyen-Orient ont remplacé une partie des touristes européens. L’an dernier, les touristes de la zone euro se sont détournés de la Suisse (recul de 254 000 nuitées). Le phénomène est particulièrement fort auprès de la population allemande (–3,9%, soit plus des deux tiers du recul européen avec 179 000 nuitées perdues). Entre 2008 et 2014, la clientèle allemande a diminué de près d’un tiers.

Européens au plus bas

Selon les spécialistes de la branche, ce déclin est dû à la très forte sensibilité des touristes allemands au prix des séjours à l’étranger, ce qui est par exemple moins le cas de la clientèle française. La clientèle européenne représente quelque 13 millions de nuitées, soit le niveau le plus bas depuis 1996. La demande de la clientèle asiatique a en revanche fortement progressé l’an dernier, avec une croissance de 9,9%, à 361 000 nuitées. Les hôtes chinois ont pour la première fois dépassé le seuil du million de nuitées. Les ressortissants des pays du Golfe sont aussi venus en plus grand nombre (+23,7%), alors que les nuitées des citoyens russes ont reculé de 7,9%.

Sur l’ensemble de l’année 2014, le deuxième semestre a été plus favorable, avec des progressions de 5,7% en octobre et de 4,5% en décembre comparé aux mêmes mois de l’année précédente.

Pour tenter d’éviter une tendance fortement négative en 2015, les responsables touristiques prévoient une campagne de promotion dotée d’un budget de 3,9 millions de francs visant à la fois la clientèle suisse, incitée à rester au pays, et de nouvelles actions sur les marchés éloignés de la zone euro, comme l’Inde ou les Etats-Unis.

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