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L’association Innovation Forum lance sa première antenne suisse à Lausanne

L’association veut soutenir les idées qui bouleversent les habitudes, à l’exemple de Flatev ou Nanolive, deux start-up qui espèrent générer des ventes conséquentes

Innovation Forum veut soutenir les idées qui bouleversent les habitudes

Conférence L’association lance sa première antenne suisse à Lausanne

Les prototypes des start-up Flatev et Nanolive pourraient générer des ventes conséquentes

Plus de 300 participants ont assisté hier à la première conférence de l’Innovation Forum qui s’est tenue au Rolex Learning Center à l’EPFL. Cette association a annoncé le lancement de sa première antenne en Suisse. Fondée en 2012 à Cambridge, cette organisation en compte déjà 12 en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Elle regroupe des chercheurs et des entrepreneurs bénévoles. «Plus de 100 000 experts en font partie, précise Manuel Fankhauser, président de l’Innovation Forum Lausanne. Nous cherchons à promouvoir l’innovation en construisant des passerelles entre les start-up, les universités, les industries, les investisseurs et les décideurs politiques.»

L’association, qui s’adresse aux fondateurs de start-up mais également aux chercheurs, prend pied dans la capitale vaudoise avec pour ambition de renforcer davantage la position de Lausanne comme plaque tournante de l’innovation. Elle souhaite se démarquer des autres programmes de soutien aux jeunes entreprises. «Notre avantage est d’apporter un environnement neutre et une autonomie aux esprits innovants. En outre nous fournissons un accès à un réseau international», souligne Manuel Fankhauser, qui s’appuie sur une équipe de 12 personnes pour faciliter la vie des start-up. L’association peut également compter sur l’appui financier de Novartis ou encore de Venturlab.

Le réseau Innovation Forum cherche aussi à accélérer l’apparition d’innovations dites de rupture sur la scène mondiale, celles capables de créer de nouvelles habitudes de consommation et aptes à révolutionner un marché existant.

A l’exemple d’Airbnb dans l’hôtellerie, d’Uber pour les services de transport ou de l’iPhone dans la téléphonie mobile. Hier, à l’occasion de sa première conférence consacrée au thème de «l’innovation de rupture pour un avenir durable», deux start-up suisses ont été invitées: Nanolive et Flatev.

La société lausannoise Nanolive va commercialiser des microscopes novateurs, capables d’observer ce qui se passe à l’intérieur d’une cellule vivante avec une résolution de 70 nanomètres. «Nous franchissons la limite théorique en matière de résolution, établie à 250 nanomètres», explique Yann Cotte, cofondateur de la start-up. Jusqu’à présent, il n’était pas possible d’observer, avec une telle résolution, une cellule vivante sans l’endommager. La start-up vise un chiffre d’affaires de 200 millions de francs d’ici à cinq ans.

Tout autre type d’innovation de rupture, celle de Carlos Ruiz. Il s’est inspiré des machines Nespresso pour développer un appareil délivrant non pas du café mais des tortillas. Une capsule contenant une farine au choix est insérée dans une machine qui délivre en moins d’une minute une crêpe mexicaine. Pour mener à bien son projet, il a créé la start-up zurichoise Flatev avec Louis Frachon et Jonas Müller. La société possède aujourd’hui un bureau dans le Delaware aux Etats-Unis. L’appareil, qui n’est pas encore commercialisé, devrait coûter aux environ de 290 dollars. Et chaque capsule sera vendue à 0,9 dollar, selon les informations données par la société de neuf personnes sur son site. «Nous avons déjà enregistré des précommandes», note Carlos Ruiz, dont le prototype vise un marché estimé à 10 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis. Reste toutefois à trouver un distributeur.

«Pour déboucher sur une innovation de rupture qui aura un impact sur la société, il faut dépasser une vision de laboratoire, sortir de son cadre et s’entourer de personnes complémentaires, estime pour sa part Adrienne Corboud Fumagalli, vice-présidente de l’EPFL pour l’innovation et le transfert technologique. La vraie innovation, c’est un état d’esprit que l’on doit encourager par l’éducation de nos étudiants et chercheurs. Il s’agit de valoriser la prise de risque sans stigmatiser l’échec.»

La spécialiste de l’innovation cite comme exemple le système de reconnaissance vocal Siri, issu d’une recherche conjointe entre des chercheurs du Stanford Research Institute et de l’EPFL. Le système a été racheté par Apple en 2010. Elle évoque également le langage de programmation Scala, né dans les laboratoires de l’EPFL grâce à Martin Odersky, qui a fondé la start-up Typesafe. Aujour­d’hui, Twitter, LinkedIn ou des sites de trading utilisent ce langage. «En Suisse, la peur de l’échec domine encore. Et lorsqu’une technologie rencontre un certain succès, elle est encore trop souvent rachetée», regrette Adrienne Corboud Fumagalli.

«La vraie innovation, c’est un état d’esprit que l’on doit encourager par l’éducation»

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