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Bracken Darrell: «Logitech ne sera freiné par aucun obstacle»

La société va rendre 500 millions de dollars à ses actionnaires. Bracken Darrell, son directeur, s’explique sur quatre défis auxquels Logitech doit faire face

«Logitech ne sera freiné par aucun obstacle»

Résultats La société va rendre 500 millions de dollars à ses actionnaires

Bracken Darrell, son directeur, s’explique sur quatre défis

Les 226 millions de dollars perdus lors de son exercice 2013-2014 semblent oubliés pour Logitech. Mercredi, le fabricant de périphériques a non seulement confirmé son retour à la rentabilité. Il a aussi lancé un plan pour rendre 500 millions de dollars à ses actionnaires. Contacté lors de sa journée annuelle consacrée aux analystes, Bracken Darrell, directeur de la société, se veut optimiste. «Logitech ne sera freiné par aucun obstacle. Je suis confiant, nous surmonterons toutes les difficultés.» Et pourtant, la société basée à Lausanne fait face à quatre défis. Les réponses de Bracken Darrell.

1. Satisfaire des actionnaires méfiants

Bracken Darrell a pris ses fonctions le 1er janvier 2013. Depuis, le cours de l’action a augmenté de 94%, les investisseurs saluant les choix opérés par l’ancien responsable de Whirlpool. Mais, sur un an, la performance du titre a déçu les actionnaires, avec une baisse de près de 7%. Mercredi, Logitech a annoncé deux mesures. D’abord, le lancement d’un programme de rachat d’actions d’une valeur totale de 250 millions de dollars. Et, en parallèle, le doublement du dividende pour les trois prochains exercices, là aussi pour un total de 250 millions de dollars. Ainsi, le dividende pour l’exercice 2014-2015 (clos fin mars) sera de 52 centimes, contre 26 centimes précédemment – une «surprise positive», selon la banque Vontobel.

«Nous voulons ainsi démontrer aux actionnaires notre confiance en nous. Nous n’avons pas besoin de tant de cash, nous pouvons le redistribuer», explique Bracken Darrell. L’argument n’a semble-t-il pas convaincu: mercredi, l’action a perdu 3,72% pour clôturer à 12,95 francs.

Du coup, Logitech ne compte-t-il plus procéder à des acquisitions de taille? «Non, aucun rachat d’une société valant 300 à 400 millions n’est prévu, assure le directeur. Ce sera plutôt des acquisitions de petite taille. Et de toute façon, nos réserves de cash augmentent de 200 millions par an.» Mercredi, le rachat d’une start-up suisse a été annoncé (voir encadré).

2. Lancer des produits innovants sur le marché

Logitech est souvent perçu comme une société qui fait évoluer ses produits. Mais qui innove peu. Ces critiques, Bracken Darrell ne les accepte pas. «Depuis mon arrivée, Logitech a lancé de nouveaux produits. Nous n’avions aucune expérience dans les claviers pour tablette, cette unité génère maintenant 100 millions de dollars. Autre exemple: nous nous sommes lancés dans les haut-parleurs mobiles et sommes désormais numéro trois sur ce marché aux Etats-Unis, numéro un en Suisse ou en Australie. C’est énorme!»

Le directeur l’assure, il prépare de nouveaux produits, en nombre restreint. Mais refuse de donner des pistes. Reste que Logitech n’a quasiment aucun périphérique pour smartphone. Et s’est retiré du marché de la domotique. Bracken Darrell se défend: «Nos haut-parleurs UE Boom s’utilisent avant tout avec des smartphones, et certains de nos claviers s’emploient avec des téléphones. Pour la domotique, nous misons sur nos télécommandes multifonctions pour qu’elles puissent interagir avec les appareils d’autres fabricants.»

3. Faire face aux effets de change

La société confirme ses prévisions 2014-2015: un chiffre d’affaires de 2,11 milliards de dollars, et un bénéfice opérationnel de 185 millions. Pour 2015-2016, les prévisions sont de 2,15 milliards et 150 millions. Logitech prévoit de perdre environ 77 millions de dollars lors de son exercice 2015-2016 à cause du renforcement du dollar. «Nous n’allons pas subir les effets de change sans réagir: nous allons renégocier nos contrats avec nos fournisseurs et nos distributeurs et augmenter le prix de certains de nos produits», dit le directeur. Une réduction des effectifs en Suisse, qui représente 10% de ses coûts, est-elle à l’étude? «Non, mais nous analysons en permanence nos coûts sur tous les continents.»

4. Gérer les tensions dues aux nouveautés d’Apple

Logitech est en partie dépendant d’Apple. Il y a pile un an, Logitech affirmait pouvoir vendre 37% de claviers pour tablette en plus. Or, au dernier trimestre, les ventes ont chuté de 28%. Et dans son catalogue, Logitech a 25 claviers différents pour iPad. Contre 5 pour des tablettes pour Android. «Je suis très satisfait de notre portefeuille de produits: mais si la demande pour des claviers pour Android devait s’accroître, nous serons prêts, rétorque Bracken Darrell. Et plus globalement, la baisse des ventes de claviers ne m’inquiète pas. Au contraire. Notre catalogue de produits est si vaste que, même si une catégorie se vend moins bien, d’autres rattrapent sa baisse.»

Logitech ne risque-t-il pas de voir ses clients dépenser leur argent pour acquérir l’Apple Watch plutôt que ses propres produits? «Non, Apple sait créer la demande, les clients trouveront de toute façon de l’argent pour acheter sa montre et nos produits», assure Bracken Darrell.

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