e-Tabac

Le marché de l’e-cigarette est estimé à plus de 7 milliards de dollars

La consommation de produits avec vapeur dépassera celle des cigarettes d’ici à dix ans

Un marché de 7,3 milliards de dollars

En 2015, le marché de la vape au détail – 8500 commerces aux Etats-Unis et 20 000 au niveau mondial – devrait dégager 3,5 milliards de dollars sur le marché américain (+35% par rapport à 2014) et s’établir à 10 milliards en 2018. Le chiffre est estimé à 7,3 milliards globalement. Telles sont les prédictions de Bonnie Herzog, analyste senior chez Wells Fargo Securities à New York. Cette spécialiste des nouveaux avatars du tabac prévoit que «la consommation des produits avec vapeur (comme les e-cigarettes) et les autres appareils sans combustion (comme IQOS, voir ci-dessus) dépassera la consommation de cigarettes dans la prochaine décade».

En 2018, «les marges combinées du tabac à combustion et des produits avec vapeur dépasseront celles réalisées par le Big Tobacco, du fait d’une baisse des taxes (sur la santé) et d’un déplacement du volume de consommation des cigarettes vers les produits dits produits à risques réduits», conclut Wells Fargo.

Ventes en recul en Suisse

Parallèlement, les ventes de tabac fléchissent en Occident. L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) indique une baisse des ventes de cigarettes de 5,3% en 2014 (de 5% en Suisse, selon l’administration des douanes), après une baisse de 7,6% des ventes une année plus tôt. Aux Etats-Unis, la baisse atteint presque 6%, selon Wells Fargo, qui prévoit une chute de près de 13% en 2018.

La pharma est aussi affectée. En France, les ventes de traitements d’aide à l’arrêt (patches, gommes) ont marqué un repli de près de 25% en 2014, selon l’OFDT. En 2013, Sophie Ragot, marketing manager dans les laboratoires de GlaxoSmithKline (GSK), avait déjà indiqué que l’e-cigarette avait contribué à une baisse de 35% des ventes globales de produits de remplacement. Novartis indique que «le marché des produits de substitution au tabac est stable mais (que) les ventes de Nicotinell sont en progression».

Chez Siegfried, la direction observe avec attention les réglementations en cours d’établissement en Suisse, en Europe et aux Etats-Unis. «La réglementation peut restreindre le marché, mais aussi toucher notre concurrence», analyse Marianne Späne, membre de la direction.

Pour Philip Morris, «tous les nouveaux produits avec ou sans tabac qui sont scientifiquement prouvés comme étant moins nocifs pour la santé doivent être réglementés de manière différente par rapport aux produits conventionnels».

Wells Fargo souligne aussi un manque de régulation de la part de la FDA. Ses analystes pointent parmi les risques commerciaux: l’impossibilité juridique pour les acteurs de ce marché de mettre en avant l’abaissement des risques de leurs produits (de crainte d’un procès), ainsi que les messages «contradictoires» des médias et des acteurs de la santé publique au sujet des e-cigarettes.

«La baisse du tabac est effective, commente Jean-François Etter, professeur de santé publique à l’Université de Genève, mais les milieux de la santé publique ne s’en félicitent pas. C’est une question idéologique. Ils confondent les risques du tabac avec ceux de la nicotine.»

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