Classement

Top 10 des acteurs suisses et mondiaux de la gestion d’actifs

Quels sont les acteurs les plus importants d’un secteur – en l’occurrence celui de l’asset management – souvent présenté comme l’avenir pour la place financière suisse? Le Temps a dressé le portrait de dix d’entre eux, cinq internationaux, et cinq suisses

Avec la mort annoncée du secret bancaire, la gestion d’actifs – «asset management» en anglais – est souvent présentée comme la solution d’avenir pour la place financière suisse. Le Temps a donc voulu dresser la liste des plus importants acteurs – suisses et mondiaux – d’un marché estimé à quelque 76 000 milliards de dollars à la fin 2013 par le cabinet de conseil Towers Watson. Un record.

Premier constat: les entreprises américaines trustent 7 places dans le top 10 mondial. L’allemand Allianz Group fait figure d’exception avec sa cinquième place tandis que deux acteurs français – AXA Group et BNP Paribas – occupaient, à la fin 2013, les 8e et 10e positions. Il faut remonter à la 13e place pour trouver UBS, premier acteur suisse du secteur.

■ BlackRock

BlackRock est sans conteste le plus grand gérant d’actifs au monde avec 4650 milliards de dollars sous gestion et 12 000 employés répartis dans une trentaine de pays. En Suisse, le géant américain est surtout connu pour avoir recruté Philipp Hildebrand un an après que celui-ci a été contraint de démissionner de la présidence de la BNS. BlackRock, dont le siège est à New York, gère exclusivement l’argent de ses clients, ce n’est ni une banque d’investissement, ni de gestion de fortune, ni de crédit commercial. Ses clients – dont 61% sont Américains – vont du simple particulier au fonds de pension en passant par les fonds souverains. Outre la gestion d’actifs, BlackRock prodigue aussi ses conseils. Sa spécialité? Evaluer les actifs décotés ou toxiques. Elle a ainsi conseillé la Fed et le Trésor américain dans plusieurs dossiers sensibles (Bear Stearns, AIG, Fannie Mae et Freddie Mac) mais aussi la Grèce, Chypre et l’Irlande dans le cadre de la crise de la dette dans la zone euro.

■ The Vanguard Group

The Vanguard Group est le deuxième plus grand gérant d’actifs au monde avec, fin 2014, 3000 milliards de dollars sous gestion. La société basée à Malvern, en Pennsylvanie, compte près de 14 000 employés dans 15 bureaux à travers le monde, dont un à Zurich. Sa marque de fabrique? Réduire les coûts au maximum. Et proposer des produits aussi simples que possible, comme les ETF (gestion indicielle passive) dont Vanguard est le deuxième plus grand gérant au monde, après BlackRock. Ces deux caractéristiques découlent en partie du fait que Vanguard est une société de gestion d’actifs détenue sous forme mutualiste. En d’autres termes, que les actionnaires de ses fonds et ETF domiciliés aux États-Unis en sont les propriétaires. Et qu’ils ont donc tout intérêt à payer le moins de frais possible. Cette structure – «unique» – signifie également «que nous opérons indépendamment des pressions en faveur du bénéfice à court terme que subit une société cotée», souligne Vanguard sur son site internet.

■ State Street Global Advisors

Nous retrouvons encore une société américaine à la troisième place du classement. State Street Global Advisors (SSGA), le pôle de gestion d’actifs de State Street Corporation, l’une des plus vieilles institutions financières américaine basée à Boston, gérait 2400 milliards de dollars à la fin septembre 2014. Pour quelque 2200 employés répartis sur 17 bureaux dans le monde entier. La société se présente comme l’une des pionnières des placements indiciels (ETF, pour Exchange Traded Funds). Elle s’est fait toutefois ravir la deuxième place sur ce marché en janvier de cette année par Vanguard avec 21,7% des parts du marché contre 21,8% pour sa concurrente. BlackRock reste loin devant avec 38,1%, selon ETF. com. SSGA propose également à ses clients – compagnies d’assurances, banques centrales, Family offices, banques et autres fonds de pension – de gérer activement leur argent en le plaçant dans toutes sortes de classes d’actifs traditionnels ou alternatifs.

■ Fidelity Investment

Basée à Boston elle aussi, la société d’investissement Fidelity Investment est l’un des leaders mondiaux de l’asset management avec plus de 2024 milliards de dollars d’actifs sous gestion à la fin septembre 2014. Fondée il y a plus de 40 ans, elle assure se distinguer de ses concurrents par l’importance qu’elle accorde à la recherche fondamentale. Soit une approche dite «bottom-up» de la sélection des valeurs.

«Nos professionnels de la gestion analysent eux-mêmes les sociétés dans lesquelles ils veulent investir. Ils se rendent en personne dans les locaux des entreprises, vérifient tous les paramètres susceptibles d’avoir une incidence sur leur activité, des aspects opérationnels aux décisions du Conseil d’administration», souligne Fidelity sur son site internet. Une telle stratégie implique que les portefeuilles sont constitués action par action. Le groupe assure par ailleurs qu’il bénéficie de l’une des plus importantes équipes de recherche au monde, avec près de 300 gérants et analystes. La société américaine distribue aujourd’hui ses produits et services et dans 25 pays en Europe, Asie et Moyen Orient.

■ Allianz Asset Management

Allianz Group est le seul groupe européen à figurer dans le top 5 mondial des gérants d’actifs avec 1800 milliards d’euros sous gestion à la fin 2014 pour quelque 5000 employés. L’assureur allemand s’est surtout fait un nom dans le monde de l’asset management avec le rachat, en 2000, de 70% de Pimco pour 3,3 milliards de dollars. Ironie du sort, c’est le géant américain de la gestion obligataire qui a pesé sur les activités de gestion d’actifs du groupe allemand l’année dernière (-17%). Pimco, qui a enregistré, coup sur coup, les départs de son directeur Mohamed El-Erian et de son fondateur Bill Gross, a en effet essuyé une décollecte de 236 milliards d’euros sur les actifs sous gestion en provenance d’investisseurs tiers en 2014. Ces derniers ont en revanche investi 10 milliards d’euros en net chez Allianz Global Investors, l’autre unité opérant sous la direction d’Allianz Asset Management.

■ UBS Global Asset Management

Si UBS est sans aucun doute le premier gérant d’actifs suisse, avec 664 milliards de francs investis à la fin 2014, elle reste toutefois loin des mastodontes du secteur. Elle ne figurait ainsi qu’au 13e rang du classement établi par Towers Watson à la fin 2013. N’en demeure pas moins que sa division UBS Global Asset Management compte 3800 employés répartis dans 24 pays. Elle offre à ses clients la possibilité d’investir dans «la plupart des grandes catégories d’actifs traditionnels et alternatifs». Selon les statistiques fournies par Lipper/Thomson Reuters à Finews, ses fonds ont attiré plus de 21 milliards de francs d’actifs nets entre novembre 2013 et novembre 2014. «Nous sommes l’un des premiers établissements de fonds de placement en Europe et le numéro un de la gestion de fonds de placement en Suisse, se félicite la banque sur son site internet. Nous sommes l’un des principaux gestionnaires de fonds de hedge funds et gestionnaires de fonds immobiliers dans le monde.»

■ Credit Suisse

Avec 377 milliards de francs sous gestion au 30 septembre 2014, et 2100 collaborateurs répartis dans 18 pays, Credit Suisse est la deuxième société suisse dans le secteur de la gestion d’actifs. La banque reste toutefois un petit acteur à l’échelle mondiale puisqu’elle pointait au 42e rang d’un classement mondial effectué par Towers Watson à la fin 2013. Credit Suisse s’est d’ailleurs partiellement désinvestie du secteur ces dernières années, notamment lorsqu’elle a vendu ses activités ETF – soit 16 milliards de francs sous gestion à l’époque – à BlackRock en janvier 2013. Si les observateurs s’attendent à ce que le nouveau patron de la banque Tidjane Thiam recentre l’établissement davantage encore sur ses activités de gestion de fortune, notamment en Asie, ils s’attendent néanmoins à ce que celui-ci ne délaisse pas totalement la gestion d’actifs. Notamment parce que celui-ci est aujourd’hui le patron de l’assureur britannique Prudential, un autre acteur en vue du secteur.

■ La Banque cantonale de Zurich

En mettant la main sur Swisscanto en décembre 2014, la Banque cantonale de Zurich (ZKB) a non seulement racheté le spécialiste des fonds de placement créé par les banques cantonales mais également pris la place de troisième gérant d’actifs d’origine suisse. Derrière UBS et Credit Suisse mais devant Pictet et Lombard Odier. A la fin septembre 2014, Swisscanto gérait environ 53 milliards de francs et la ZKB 52 milliards (pour la division gestion d’actifs). Soit un total de quelque 105 milliards de francs. «La taille est importante dans la gestion d’actifs, car les pressions du marché sont très fortes, expliquait alors Martin Scholl, directeur général de la banque cantonale. L’activité doit s’industrialiser davantage et permettre des économies d’échelle. La nouvelle entité allie désormais la gestion active de Swisscanto à une gamme de produits passifs de la ZKB. Quant aux fonds distribués jusqu’ici sous la marque ZKB, ils porteront le label Swisscanto à l’avenir.

■ Pictet Asset Management

Les banques privées ont compris depuis longtemps que la seule gestion de fortune ne suffisait plus. Pictet Asset Management, qui revendique 125 milliards d’euros (131 milliards de francs) d’actifs sous gestion à la fin 2014, contre 150 milliards de francs pour les activités de gestion de fortune de la banque, propose ainsi à ses clients – acteurs institutionnels et fonds de placement principalement – une gamme de produits d’investissement faisant appel à une gestion active ou quantitative. «Notre éventail comprend des fonds en actions, en obligations et en instruments du marché monétaire, ainsi que des stratégies alternatives», souligne l’établissement genevois sur son site internet. Quelque 720 collaborateurs travaillent aujourd’hui pour sa division «asset management» – contre 3600 à l’échelon du groupe – sur quelque 17 places financières à travers le monde.

■ Lombard Odier Investment Managers

Lombard Odier Investment Managers (LOIM) est l’unité dédiée à la gestion d’actifs du groupe Lombard Odier. «Au service exclusif d’investisseurs institutionnels.» Elle fournit ainsi des solutions de placement à des caisses de pension, des compagnies d’assurances, des banques centrales, des fonds souverains, et propose des fonds de placement à des distributeurs tiers ainsi qu’à d’autres banques privées. Au 31 décembre 2014, les actifs provenant de la clientèle «Asset Management», investis auprès de LOIM, s’élevaient à quelque 49 milliards de francs. La clientèle privée de la banque représentait, quant à elle, 116 milliards de francs à la fin de l’année dernière. Par ailleurs, l’unité d’asset management de l’établissement genevois emploie aujourd’hui plus de 300 collaborateurs, répartis entre 13 filiales à travers le monde. Dont 106 experts de l’investissement. Le groupe Lombard Odier comptait, de son côté, 2100 employés à la fin 2014 répartis dans 26 bureaux. C’est un associé-gérant de la banque, Hubert Keller, qui est responsable de l’unité de gestion d’actifs.

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