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Sophia Genetics franchit le cap des cinquante laboratoires

La société vaudoise permet de mieux comprendre les causes du cancer

Sophia Genetics franchitle cap des 50 laboratoires

Diagnostic La société vaudoise permetde mieux comprendre les causes du cancer

La société vaudoise Sophia Genetics multiplie les contrats. Spécialisée dans la médecine personnalisée, à savoir l’analyse détaillée des génomes humains séquencés, l’entreprise a franchi le cap des 50 clients à travers l’Europe. De nouveaux accords ont été signés avec des laboratoires en Autriche et en Allemagne.

Invité mercredi soir à l’occasion de l’événement Startup Champions à l’EPFL, Jurgi Camblong, le directeur et cofondateur de Sophia Genetics, prévoit de signer encore 50 contrats d’ici à la fin de l’année. Fondée en 2011, la société emploie actuellement 40 personnes. Elle a levé 18 millions de dollars depuis sa création auprès de sociétés de capital-risque et prévoit une nouvelle levée de fonds d’ici à la fin de l’année.

Le Temps: Comment expliquez-vous le succès de votre technologie auprès des laboratoires?

Jurgi Camblong: En Europe, sur un marché d’environ 400 laboratoires, plus de la moitié sont équipés avec des séquenceurs à haut débit. Le problème n’est plus de générer des données mais de traiter ces informations. Nous avons mis au point des algorithmes qui analysent ces données de manière standardisée afin de détecter avec précision des mutations caractéristiques pour plus de vingt maladies du génome. Avec la réduction du prix de l’analyse, la technologie se démocratise. Elle permet de mieux comprendre les causes du cancer ainsi que la fonction biologique qui ne fonctionne plus. Il y a par exemple 100 000 cancers du poumon différents. Si on comprend l’origine du mal, le patient peut bénéficier d’une thérapie plus ciblée. La technologie permet aussi de mieux détecter et prévenir certaines pathologies comme la mucoviscidose, l’hypercholestérol, le diabète ou l’arythmie cardiaque.

– Vous avez pourtant plus de peine à convaincre les laboratoires helvétiques. Comment l’expliquez-vous?

– Nous avons signé des contrats avec les HUG, l’Institut central du Valais, l’Hôpital de l’Ile à Berne et l’Hôpital cantonal d’Aarau. En Suisse, il semble y avoir une confusion entre la recherche et le diagnostic. Les analyses génétiques ne sont pas systématiquement effectuées face à un cancer, contrairement à ce qui se passe en France. Ce pays est d’ailleurs notre premier partenaire commercial avec seize CHU. Lorsque j’ai rencontré le président François Hollande, la semaine passée à l’EPFL, il était bien conscient de la nécessité de la médecine personnalisée.

– Votre société a été sélectionnée par l’EPFL pour être présentée au président François Hollande. Vous êtes, vous-même, très visible dans les conférences liées à l’innovation et l’entrepreneuriat. Comme expliquez-vous un tel engouement?

– Sophia Genetics a développé un algorithme très performant qui permet la confidentialité des données. Nous pensons pouvoir devenir leader mondial dans notre domaine. Précisons que nous allons participer au diagnostic de 20 000 patients en 2015. A titre de comparaison, aux Etats-Unis, l’un des leaders du secteur, Foundation Medicine, a analysé 35 000 patients ces trois dernières années.

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