PRéVOYANCE

Qui sont les plus grandes caisses de pension en Suisse?

Le nombre de caisses de pension en Suisse est en constante diminution. Désormais, elles sont moins de 2000, contre 18 000 en 1985. Championne par la taille, Publica, caisse de la Confédération, précède celle du canton de Zurich et la caisse de retraite d’UBS

Dans la galaxie suisse de la prévoyance professionnelle, qui sont les plus grands acteurs?

Retraite Le nombre de caisses de pension en Suisse est en constante diminution

Championne par la taille, Publica, caisse de la Confédération, précède celle du canton de Zurich et la caisse de retraite d’UBS

Sans parler de tous les satellites qui tournent autour – actuaires, experts, conseils, gestionnaires –, l’univers suisse de la prévoyance professionnelle est une galaxie d’étoiles toujours plus grandes et moins nombreuses.

En 2007, la Suisse comptait encore 2543 institutions. Les caisses de retraite avec prestations réglementaires et assurés actifs ne sont plus que 1955 fin 2013. Dont moins d’une centaine de droit public. La concentration est constante depuis plusieurs années. Pour mesurer l’évolution, il faut se souvenir que depuis l’entrée en vigueur de la prévoyance professionnelle obligatoire en 1985, le nombre de caisses de pension, toutes catégories confondues, a été divisé par neuf. Alors, on en comptait près de 18 000.

Moins d’acteurs, mais plus gros

Outre le nombre de caisses en diminution, soit une baisse supérieure à 4% par an en moyenne et même de 5,7% pour la période 2012-2013, la concentration est manifeste à la lecture du nombre d’institutions qui comptent plus de 10 000 assurés actifs. Elles sont au nombre de 66 (chiffres 2012). Une grosse poignée certes, mais qui pèse lourd puisque ces 66 institutions englobent à elles seules 2,52 millions d’actifs, soit les deux tiers de l’ensemble des assurés actifs.

Globalement, les quelque 2000 institutions de prévoyance suisses regroupent près de 4 millions d’actifs, 3 932 187 exactement à fin 2013. Et elles versent des prestations (rentes et capitaux) à 1,09 million de rentiers. Tout cet univers représente une masse sous gestion de 720,23 milliards de francs. Soit davantage que le PIB suisse (635 milliards en 2013).

Trois groupes distincts

Si l’on souhaite classer les institutions de prévoyance, on peut dire pour faire simple qu’en matière de 2e pilier, il y a trois grandes familles d’acteurs.

D’abord, les caisses de pension, qu’elles soient privées ou publiques. Elles regroupent près de trois assurés sur cinq.

Ensuite, il y a les fondations collectives – qu’on appellera les indépendantes –, de taille souvent conséquente, comme Vita (18 milliards de francs) ou ASGA (près de 10 milliards de francs). Les fondations collectives sont des institutions de prévoyance auxquelles des employeurs indépendants peuvent s’affilier pour appliquer le régime de la prévoyance professionnelle obligatoire, sur-obligatoire ou facultative. Vita par exemple, proche de Zurich Assurance, est la plus importante fondation collective semi-autonome de Suisse. Elle regroupe plus de 115 000 assurés et près de 19 000 entreprises. Dans ce groupe, parmi les plus grands acteurs, on trouve encore Swisscanto, PK Pro, PKG, Nest ou, en Suisse romande, CIEPP, la Caisse Inter-Entreprises de Prévoyance Professionnelle, fondation commune au service depuis plus de 50 ans des entrepreneurs romands. Elle regroupe aujourd’hui 8500 PME et indépendants affiliés et plus de 38 000 assurés.

La troisième famille d’acteurs est composée des fondations collectives des assureurs vie avec le modèle d’assurance complète. Huit assureurs vie sont actifs en Suisse dans l’assurance vie collective. Ils gèrent ensemble un gros cinquième des actifs du 2e pilier et assurent ainsi plus de 1,6 million d’employés travaillant principalement dans des petites et moyennes entreprises. Les deux plus grandes institutions sont Swiss Life et Axa Winterthur, qui se disputent la première place.

Quelles sont les plus grandes caisses de pension suisses?

Championne des champions, la caisse Publica est la plus grande caisse de pension suisses. Avec 40,45 milliards de dollars d’actifs selon le classement Towers Watson 2013, soit 37 milliards de francs selon le bilan de l’institution, la Caisse fédérale de pensions Publica domine le secteur.

Publica est un établissement de droit public autonome de la Confédération. Cette institution collective regroupe sous un même chapeau 21 caisses de prévoyance ouvertes comme celle de la Confédération, celle des Ecoles polytechniques fédérales, et des caisses fermées (Swisscom, Ruag, SSR Idée Suisse). En tout, près de 61 000 personnes assurées et quelque 44 000 bénéficiaires de rentes.

En 2014, Publica a enregistré un rendement global net de 5,87% sur l’ensemble de sa fortune. Une performance un peu en deçà du marché, mais qui tient essentiellement à sa décision stratégique de couvrir intégralement les risques de change des grandes monnaies. Fin 2014, le degré de couverture moyen des 21 caisses affiliées s’élevait à 105% pour un taux d’intérêt technique de 3,5%. Un an plus tôt, les caisses de prévoyance ouvertes affichaient des taux de couverture à fin 2013 entre 102,2% et 108,1%. Les caisses de prévoyance fermées, et qui ne sont donc composées que de bénéficiaires de rentes, présentent, elles, des taux de couverture compris entre 99,2% et 106,8%. Au 1er janvier de cette année, Publica a réduit son taux d’intérêt technique à 2,75%.

Publica, numéro un suisse, précède BVK, la caisse de pension du canton de Zurich. Cette institution, qui compte 81 300 actifs, 32 500 rentiers, 28,4 milliards de bilan, a signé en 2014 une performance de 6,1%. Une performance un peu en retrait de la moyenne nationale, qui s’explique par la décision stratégique de BVK d’assurer 85% de ses risques de change. Le taux de couverture de BVK, en constante progression depuis 2008, où il était encore de 81%, est aujourd’hui de 99,3%, selon les chiffres annoncés fin janvier.

A la troisième place du classement national apparaît la caisse de pension d’UBS. Cette institution compte 21 974 assurés actifs au 31 décembre 2014 et 17 219 retraités. La fortune de la PK UBS atteint 23,93 milliards de francs. La performance de gestion a été de 5,7% en 2013 et de 8,1% en 2014. A fin 2014, le taux de couverture est de 123,7%.

Au pied du podium, on trouve dans l’ordre la caisse de pension de Nestlé – elle n’a pas souhaité donner d’informations sur sa taille ni le nombre d’assurés et de rentiers –, celle de Migros et celle de Novartis. Ces trois caisses affichent des tailles entre 20 et 25 milliards de fonds. En 2014, la caisse de pension Migros (CPM) – 21 milliards de francs suisses – a réalisé une performance de 7% (contre 8,4% en 2013), qui hisse son taux de couverture à désormais 121,5%. La CPM assure 52 402 actifs et 30 079 rentiers

Un peu plus loin derrière ce groupe arrive la caisse de pension des CFF, celle de La Poste (60 personnes employées au service de 45 0000 collaborateurs actifs et 30 000 rentiers), celle de Credit Suisse et, en 10e position, la caisse de la Ville de Zurich.

La caisse de pension des CFF (56 000 assurés) a longtemps été en difficultés. Pour la première fois depuis dix ans, son taux de couverture est repassé au-dessus de 100% en 2013. En 2014, elle annonce avoir réalisé un rendement de 8,4% sur les placements, soit une performance plus élevée que la moyenne des caisses de pension suisses. Le degré de couverture s’est en conséquence amélioré, passant de 102,4% à 107,3% à fin 2014. Le taux d’intérêt technique de la caisse est de 3%.

Un autre classement national, dont se fait l’écho le site Investmentsoffice.ch, glisse dans le top 10 suisse la caisse de pension de Zurich Financial Services.

Par contre, les caisses de pension du canton de Genève, de l’Etat de Vaud ou du canton de Berne s’inscrivent entre la 11e et la 15e place des plus grandes caisses de pension suisses.

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