Technologie

La Poste teste des drones dans le ciel suisse

[Avec vidéo] La Poste fera voler des drones sur la Suisse dès cet été. Le géant jaune espère développer un service de livraison aérien à grande échelle d’ici cinq ans. Le cadre juridique doit encore évoluer pour permettre la coexistence aérienne

La Poste se donne des ailes. Dès cet été, elle teste un service de livraison par drone. Les vols d’essais seront organisés à partir de l’aérodrome de Bellechasse à Fribourg où le géant jaune a annoncé, devant une forte présence médiatique, se lancer sur ce créneau futuriste déjà exploité par Amazon et Google. C’est la première fois que de tels vols sont organisés en Europe. La Poste espère développer ce service à grande échelle d’ici cinq ans.

C’est entre les avionnettes que trône la star de la présentation: le Matternet One, un drone développé par la société californienne éponyme qui annonce déjà un changement de paradigme dans le transport léger. Son quadricoptère est en effet capable de transporter des paquets de moins de un kilogramme (75% des colis, selon Matternet) sur une distance allant jusqu’à 20 kilomètres. Le développement d’un réseau de relais permettra de transporter des colis sur de plus longues distances.

Le drone entraînera-t-il la mort du postier? Du côté du géant jaune, on ne veut surtout pas le laisser croire: «Nous ne remplacerons pas le service traditionnel de livraison, souligne le responsable de PostLogistics, Dieter Bambauer. L’utilisation de drones vise à étoffer notre offre.» Les livraisons par voie aérienne devraient en effet concerner les régions reculées du pays ainsi que les transports de colis lors d’intempéries ou d’urgence médicale.

Le cadre légal suisse reste le grand obstacle avant de voir ce type de service se généraliser. Actuellement, les utilisateurs de drones sont censés garder à tout moment le contact visuel avec leur appareil. Une obligation qui rendrait impossible l’exploitation des drones autonomes de Matternet. La Poste a néanmoins pu obtenir l’autorisation de l’Office fédéral de l’aviation civile (Ofac) pour les drones et routes utilisées lors des vols d’essais.

Autre défi, la coexistence de ces engins sans pilote et des avions survolant la Suisse. La compagnie d’aviation Swiss – qui participe aux tests de drones à travers sa division cargo – n’est pas inquiète. «La coexistence est parfaitement possible, rassure son responsable Oliver Evans. Les drones continueront à respecter les zones d’exclusion aérienne actuelles (un périmètre de cinq kilomètres autour des aéroports ndlr.). Mais un cadre juridique spécifique aux drones commerciaux est absolument nécessaire à notre développement. L’Ofac est très ouverte sur la question des drones. Nous avons une excellente relation avec eux.»

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