Innovation

Avec 15 millions de francs, une levée de fonds record pour une start-up fintech en Suisse

Spécialisée dans l'assurance, la société Knip a levé 15 millions de francs dans les technologies financières. Un record en Suisse pour une start-up fintech

On est encore loin des milliards de dollars récoltés par les start-up américaines spécialisées dans les technologies financières (fintech). Mais pour la Suisse, c’est un record. Lundi, Knip a annoncé une levée de fonds de 15 millions de francs.

La jeune entreprise, basée à Zurich, propose d’agréger toutes les polices d’assurance dans un seul portefeuille affiché dans une application. Cela permet ensuite de voir les améliorations ou les économies possibles. L’application, lancée en Suisse et en Allemagne, compterait déjà 320 000 téléchargements dans les deux pays.

Parmi les investisseurs, le plus important est le fonds américain Route 66 Ventures, spécialisé dans les fintechs. L’allemand Creathor Ventures et l’américain QED ont également participé à l’investissement. Le suisse Redalpine et le hollandais Orange Growth Capital, qui avaient déjà financé la start-up, ont participé à ce nouveau tour. 

Un cas isolé

Dans le communiqué diffusé lundi, Pascal Bouvier, un Français à la tête de Route 66, estime que «Knip a senti la numérisation de l’assurance et remplit une lacune pour les consommateurs». La start-up emploie 90 personnes dont 25 à Zurich, 55 à Berlin et 10 à Belgrade. Le volume des polices d'assurances gérées par la société se monte à 25 millions de francs. Elle ne donne pas davantage de chiffres, mais se targue d’un «succès retentissant» en Suisse et d’une croissance «rapide» en Allemagne.

Pour Guillaume Debray, fondateur de l’incubateur Fintech Fusion à Genève, c’est un «excellent signe «que le secteur se développe en Suisse, mais «cela reste un cas isolé». Le spécialiste souligne que l’implication d’investisseurs américains est intéressante: «Au-delà de la start-up suisse, les investisseurs américains ont sûrement été séduits surtout par l’ambition de Knip de conquérir le marché allemand». En d’autres termes, selon lui, il faut une ambition qui dépasse la Suisse. «Une start-up suisso-suisse n’attirera jamais ce type de capitaux», assure Guillaume Debray.

Un signe encourageant pour les entrepreneurs et une preuve de la bonne santé de la scène technologique et de l’écosystème des startups en Suisse

Antoine Verdon, spécialiste du secteur, juge cette nouvelle comme un «signe encourageant pour les entrepreneurs et une preuve de la bonne santé de la scène technologique et de l’écosystème des startups en Suisse». Pour l’entrepreneur, c’est «également un indice important montrant que le secteur de l’assurance a commencé sa mue digitale, suivant la route tracée par la banque ces dernières années.

Il souligne que Knip, qui attaque le marché en commençant par offrir un service d’agrégation pour évoluer vers des services à plus haute valeur ajoutée, pourra se renforcer à l’international, et probablement aussi de développer de nouveaux services, grâce à ce nouvel investissement. Contactée, la société dit en effet avoir des projets de développement «pour renforcer les liens avec les clients», mais préfère ne pas donner davantage d’informations.

Pour Antoine Verdon, «des services tels que Knip vont progressivement rendre le secteur de l’assurance plus accessible aux particuliers, les produits plus transparents et comparables». Car si les start-up se sont surtout concentrées jusqu’ici sur les services bancaires ou sur les investissements, le secteur de l’assurance commence, lui aussi, à se faire concurrencer par de nouveaux modèles. Knip est un exemple, mais d’autres sociétés se développent.

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