Editorial

L’exploitation du «big data» sera l’un des grands enjeux de 2016

En 2015, l’explosion des offres de cloud et des plateformes pour analyser les données ont permis à de plus en plus d’entreprises de s’intéresser au «big data». Mais elles ont encore du travail

L’année 2015 aura marqué une nouvelle étape dans l’utilisation du «big data» par les entreprises. Le développement spectaculaire du cloud (informatique en nuage) leur a permis de stocker les données en quantité industrielles sans se poser de questions sur le prix de cet entretien. Les moyens toujours plus fins de les décrypter ont, eux, rendu l’utilisation de «mégadonnées» soudainement beaucoup plus concrète.

Ainsi, comme le montre notre enquête, l’exploitation des données n’est plus l’apanage des géants américains du Web, ni des grandes multinationales, même si ces acteurs dominent encore cette discipline. Le champ de cette dernière s’est aussi élargi: on ne parle plus simplement de publicité ciblée, on parle aussi d’optimisation du trafic, ce qui en fait un enjeu aussi public que privé. Dans la santé, le sujet dépasse lui aussi des questions de marketing et peut rendre plus faciles certains diagnostics.

En Suisse, ce ne sont pas forcément les acteurs les plus importants en taille qui ont été les précurseurs. Certes la pharma ou la finance ont une longueur d’avance, mais ces deux branches sont rejointes par de plus petites entreprises qui commencent à investir dans ce domaine.

D’ici à cinq ans, les experts estiment que les internautes produiront 7 mégabytes de données par seconde. Un chiffre abstrait mais qui ouvre des opportunités, elles, tout à fait concrètes. Car elles sont loin d’être complètement exploitées. Les assurances, par exemple, commencent à peine à défricher les possibilités offertes par le «big data».

L’utilisation des données des clients soulève évidemment des questions. De sécurité, pour commencer, alors que les cyberattaques se sont multipliées en 2015, conduisant au déferlement d’informations censées rester privées sur la place publique. Le problème est d’autant plus important que stocker des informations prendra toujours plus de valeur. Ensuite, de confidentialité et de doigté dans l’utilisation. Les entreprises devront veiller à anonymiser les données qu’elles récolteront, sous peine de s’attirer les foudres des régulateurs. De même, elles devront s’assurer de ne pas en abuser. PostFinance en sait quelque chose.

Pourtant, «ceux qui voient les données comme une menace, ceux qui considèrent chaque donnée en termes de mauvaise utilisation qui peut en être faite, ne seront pas capables de saisir l’opportunité de la numérisation», a prévenu Angela Merkel. Des propos de la chancelière allemande qui ont été interprétés comme un avertissement pour les entreprises allemandes du Mittelstand en juin dernier. Et qui pourraient tout aussi bien s’adresser aux entreprises suisses qui douteraient encore.

Ce ne sera pas le seul. Mais pour les entreprises, l’exploitation du «big data» sera l’un des enjeux de 2016.

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