Tour de table

La start-up biotech AB2 Bio lève 21 millions de francs

Le sauvetage d’un bébé à l’aide d’un produit expérimental permet à la jeune société basée à l’EPFL d’accélérer son développement.

Le succès d’une jeune entreprise auprès des investisseurs peut se jouer sur une réussite humaine. C’est ce qui s’est passé pour la start-up AB2 Bio, basée sur le site de l’EPFL. Expérimentant un produit destiné à combattre une maladie rare, il l’a appliqué sur un nourrisson affecté d’une mutation génétique rare, ce qui a permis à ce bébé de guérir complètement. Quelques semaines plus tard, la société a bouclé un tour de table de 21 millions de dollars, financement qu’elle a annoncé lundi.

«Nous étions déjà en discussions sur ce tour de financement lorsque cet épisode est survenu. Aussi a-t-il certainement accéléré la prise de décision de nos investisseurs», reconnaît Fernando Cunha, directeur financier de la jeune entreprise. Celle-ci dispose désormais d’un trésor de guerre lui permettant porter le développement de son produit en phase III, le dernier stade des tests cliniques avant la commercialisation.

Son produit est une protéine humaine endogène, IL-18BP, présentant une haute affinité pour IL-18, une cytokine qui joue un rôle important dans les phénomènes inflammatoires. L’administration de la protéine IL-18BP à des patients présentant certaines maladies inflammatoires peut réduire les inflammations et permettre ainsi une guérison, explique la société.

Fondée en 2010 par Avinoam Kadouri, un ancien cadre de Serono, et le banquier privé genevois Barthélemy Helg, AB2 Bio avait réussi à lever 20 millions de francs lors de ses trois premières années d’existence. Le second tour, qui vient d’être bouclé, doit lui permettre de procéder à un test pivot permettant de porter en phase III l’application de sa protéine IL-18BP sur l’affectation issue de la mutation du gène NLRC4 ayant touché le petit bébé. Elle espère avoir bouclé cette étape au début de 2017. Il doit aussi lui permettre de poursuivre ses tests en phase II sur l’application de la protéine pour les cas atteints de la maladie de Still, une maladie rare contre laquelle aucun traitement existe.

La société ne se prononce pas quant à une éventuelle commercialisation de sa protéine, quoique les dates de 2020 ou 2021 ne paraissent pas fantaisistes selon des sources proches du dossier. De nouveaux tours de table seront nécessaires pour porter l’investissement total aux alentours de 100 millions de francs. Aux investisseurs d’origine se sont ajoutés Bénédict Hentsch, autre banquier genevois, Erich Hunziker, président de la société d’investissement BB Biotech, ou encore l’entrepreneur en série et milliardaire américain Patrick Soon-Shiong.

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