Automobile

Scandale Volkswagen: Toujours pas d'accord avec Amag

L'Alliance des organisations de consommateurs et l'importateur Amag n'ont toujours pas trouvé d'accord sur l'indemnisation des propriétaires de véhicules Volkswagen dont le moteur est truqué en Suisse. Les associations maintiennent la pression

«Nous sommes en train de fixer un nouveau rendez-vous avec Amag. Ils n’entrent pour l'instant pas en matière sur les questions d’indemnisation et nous ne trouvons pas cela satisfaisant», a indiqué mardi à l'ats Florence Bettschart, responsable Politique et droit de la Fédération romande des consommateurs (FRC).

Amag a certes annoncé en décembre dernier que la remise aux normes - au moyen d'une manipulation du logiciel ou de l'installation d'une pièce sur le moteur - des véhicules du groupe VW ayant des moteurs équipés d'un logiciel truqueur permettant de fausser les tests antipollution devait débuter fin janvier en Suisse et en Allemagne.

Mais l'importateur a refusé l’accord-cadre global demandé par l'Alliance des organisations de consommateurs (regroupant la FRC, l'alémanique SKS et la tessinoise acsi), reconnaissant néanmoins l’essentiel des problèmes mis en avant et prenant une série d’engagements pour les consommateurs lésés, selon la FRC.

Comme aux Etats-Unis?

Volkswagen avait confirmé fin novembre qu'il ne dédommagerait pas les propriétaires européens de véhicules dotés du logiciel trompeur, à l'inverse des clients américains. Cette différence de traitement entre les Etats-Unis et l'Europe se justifie parce que «ces deux marchés ne sont pas comparables», expliquait alors Enrico Beltz, porte-parole du groupe pour les ventes.

«Or pour nous, le marché suisse est assez semblable aux Etats-Unis: il y a dans les deux cas plus de véhicules à essence que de véhicules roulant au diesel - mais après il y a des questions de normes», contre Florence Bettschart.

Dernièrement, le mastodonte aux douze marques s'attendait à devoir racheter à leurs propriétaires un véhicule au moteur truqué sur cinq aux Etats-Unis, soit environ 115 000 voitures.

L'hypothèse d'un rachat pur et simple de certains véhicules gagne en crédibilité outre-Atlantique à mesure que le temps passe sans présentation d'une solution technique pour ce marché où les normes sont plus strictes sur les émissions concernées d'oxydes d'azote (NOx).

Confédération interpellée

La FRC a interpellé l’Office fédéral des routes (OFROU), estimant que la Confédération doit davantage s’impliquer dans ce dossier.

«Nous avons écrit à la conseillère fédérale en charge des transports Doris Leuthard et au directeur de l’OFROU pour demander quelles actions ils entendaient entreprendre, dans la mesure où le rappel des véhicules par Amag se fait sur une base volontaire», note Florence Bettschart.

Pour entièrement valider ces remises aux normes techniquement peu complexes, "nous aimerions que des tests sur route soient effectués avant et après les opérations techniques", poursuit-elle.

La juriste souligne qu'«au départ, les autorités suisses ont été plus actives que dans d’autres pays, mais il y a maintenant un tassement. Ce qui nous fait peur, c’est cette confiance par rapport aux véhicules réparés: la Confédération doit pouvoir attester de cette remise aux normes».

Encore des incertitudes

L'association de défense des consommateurs recense désormais quelque 4900 inscrits sur la plate-forme d'informations qu'elle a mise en place début octobre. Elle a également reçu 1000 plaintes pénales en copie suite aux différents modèles mis à disposition sur son site.

Car l'annonce d'une remise aux normes ne signifie pas pour autant que l'affaire est réglée: «nous ne savons pas ce que vont donner les réparations, nous ne pouvons pas être sûrs que le prix de revente sur le marché de l’occasion n’ait pas subi de baisse, et il y a aussi la question du leasing», pointe Florence Bettschart.

La représentante de la FRC se rendra d'ailleurs à Bruxelles la semaine prochaine pour convenir de la suite des démarches entreprises au niveau européen avec ses homologues du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).

«Nous pouvons voir aux Etats-Unis une certaine pression mise sur VW, il n’y a pas de raison que les clients européens soient traités de manières différentes», conclut Florence Bettschart.
 
 

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