Automobile

Après VW, Renault soupçonné à son tour

Le constructeur automobile Renault et plusieurs de ses concurrents étrangers ont été épinglés en France jeudi pour «dépassement des normes» d’émissions de CO2 et d’oxydes d’azote (NOx) sur des moteurs diesel

Le constructeur automobile français Renault a dévissé en bourse jeudi après l’annonce d’un «dépassement de normes» d’émission de ses moteurs diesel lors de tests menés en France à la suite du scandale des logiciels fraudeurs du géant allemand Volkswagen.

Ces examens intermédiaires ont révélé un «dépassement de normes» pour le dioxyde de carbone (CO2) et les oxydes d’azote (NOx) chez Renault et plusieurs autres marques étrangères, mais il n’y avait «pas de logiciel de fraude sur la marque Renault», a annoncé la ministre française de l’Ecologie, Ségolène Royal. Cette dernière avait ordonné ces tests juste après la révélation par Volkswagen qu’il avait équipé 11 millions de moteurs diesel d’un logiciel capable de fausser les résultats des contrôles antipollution.

L’action dévisse à la suite de perquisitions

«Il ne s’agit en aucun cas d’une situation comparable à celle de Volkswagen», qui avait délibérément truqué ses moteurs, a souligné de Berlin le ministre français de l’Economie, Emmanuel Macron.
Le fait qu’aucune fraude n’ait été détectée sur les modèles du numéro deux français du secteur n’a pas suffi à rassurer: l’action Renault a terminé en baisse de 10,28% à Paris, après avoir plongé de plus de 20% à la mi-journée.

Lire aussi: «Perquisitions chez Renault, l'action s'effondre en bourse»

La tempête a commencé à s’abattre sur le constructeur en fin de matinée, après la révélation par des syndicats des perquisitions en son sein menées la semaine dernière par les services français de la répression des fraudes.

Sa direction les a présentées comme un «complément d’investigation» ayant «vocation à valider définitivement les premiers éléments d’analyse» de la commission d’enquête post-Volkswagen.
Les premiers résultats des tests menés depuis octobre par un laboratoire indépendant ont été présentés à l’issue d’une réunion de la commission technique d’enquête au Ministère de l’énergie. La commission a testé 22 voitures de huit marques: Renault, PSA, Volkswagen, Mercedes, Ford, Opel, Toyota et BMW. Quatre autres constructeurs seront testés: Nissan, Volvo, Suzuki et Fiat.

La dégringolade de Renault a affecté par ricochet PSA Peugeot Citroën, qui a souligné «ne pas avoir fait l’objet d’une perquisition». Le titre du groupe a terminé en recul de 5,05% après avoir chuté de 10% à la mi-journée.

La révélation des perquisitions chez Renault a également déstabilisé les valeurs automobiles sur plusieurs autres bourses européennes, notamment Francfort et Milan, en réveillant le spectre des déboires de Volkswagen.

Plaintes contre Volkswagen

Par ailleurs, plus de 60 000 propriétaires européens de véhicules équipés de moteurs diesel truqués par le constructeur allemand Volkswagen veulent lancer une plainte en nom collectif contre le géant de l’automobile. C’est ce que rapporte jeudi la presse régionale allemande.

De plus, le titre de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a perdu jeudi 7,94% à la bourse de Milan après des informations du site spécialisé Automotive News, accusant la société d’avoir falsifié les chiffres de ses ventes aux Etats-Unis. L’entreprise juge la plainte infondée.


automobile Le constructeur automobile Renault et plusieurs de ses concurrents étrangers ont été épinglés en France jeudi
pour «dépassement des normes» d’émissions de CO2 et d’oxydes d’azote (NOx) sur des moteurs dieselL’action Renault a terminé jeudi en baisse de 10,28% à la bourse de Paris. (Philippe Wojazer/Reuters)

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