Automobile

Perquisitions chez Renault, l'action s'effondre en bourse

Les services de la répression des fraudes ont «perquisitionné» la semaine dernière plusieurs sites Renault en IIe-de-France, a-t-on appris jeudi de sources syndicales, la CGT s'interrogeant sur une possible enquête sur une fraude aux émissions polluantes

Les titres de constructeurs automobiles européens s'effondraient jeudi à la mi-journée sur plusieurs Bourses européennes alors qu'étaient dévoilées des informations sur des perquisitions effectuées chez le groupe français Renault par les services de la répression des fraudes.

A 15H20 (14H20 GMT) Renault perdait 8,87%, après avoir affiché à la mi-journée un recul supérieur à 20%. Dans son sillage, Peugeot reculait de 2,88% après avoir frolé les -9%, ainsi que les équipementiers automobiles Faurecia (-2,71%%), et Valeo (-2,69%) dans un marché en baisse de 1,72%.

De sources syndicales concordantes, les services de la répression des fraudes ont «perquisitionné» la semaine dernière plusieurs sites du groupe en Ile-de-France, la CGT s'interrogeant sur une possible enquête sur une fraude aux émissions polluantes. 

De quoi réveiller le spectre du scandale Volkswagen, qui a révélé en septembre avoir installé un logiciel truqueur capable de fausser les tests anti-pollution de 11 millions de véhicules dans le monde. 

Le constructeur allemand doit désormais gérer le rappel de 8 millions de véhicules et les conséquences judiciaires de l'affaire, pour une facture totale chiffrée en milliards d'euros. Peugeot chutait de 7,08% à 13,71 euros dans le sillage de son concurrent.

A Francfort, les titres des valeurs automobiles ont aussi piqué du nez en fin de matinée, BMW perdant 5,33% à 78,47 euros, Daimler 5,96% à 64,17 euros et Volkswagen 5,35% à 123,00 euros. 

A la Bourse de Milan, c'est le titre de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) qui s'écroulait (-9,42% à 6,76 euros) suite à des  informations du site Automotive News accusant la société italo-américaine d'avoir falsifié ses chiffres de ventes aux Etats-Unis.

Selon le site, deux vendeurs de Fiat Chrysler à Chicago ont déposé mardi une plainte pour racket contre FCA, en affirmant que le constructeur italo-américain a offert aux vendeurs d'importantes sommes d'argent en contrepartie desquelles ils devaient présenter comme vendues des voitures qui en fait ne l'étaient pas.

«Des agents de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) sont intervenus sur différents sites Renault jeudi dernier», affirme jeudi dans un tract le syndicat CGT Renault du site de Lardy (Essonne). 

«Ils ont récupéré les PC de plusieurs directeurs»

Les «secteurs» concernés (homologation et mise au point des contrôles moteur) «laissent fortement penser» que ces «perquisitions» sont «liées aux conséquences de l’affaire des moteurs truqués de Volkswagen», écrit le syndicat. «Ils ont récupéré les PC de plusieurs directeurs», précise-t-il.

Nous avons questionné hier la direction mais n'avons pas eu de réponse. Tout le monde est surpris.

Les sites visés ont été selon la CGT: le centre d’ingénierie de Lardy, le technocentre de Guyancourt (Yvelines), le site du Plessis-Robinson et le siège à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Pour sa part, la CFDT a été informée par des militants de perquisitions de la DGCCRF à Lardy et Guyancourt. «Nous avons questionné hier la direction mais n'avons pas eu de réponse. Tout le monde est surpris», a déclaré Franck Daoût, délégué syndical central CFDT. La DGCCRF n'était pas en mesure de répondre dans l'immédiat, tout comme la direction de Renault. Après le scandale Volkswagen, Renault a annoncé en décembre un plan d'investissements de 50 millions d'euros pour réduire l'écart entre les émissions polluantes de ses voitures en conditions d'homologation et en situation réelle.

Le constructeur automobile Renault a confirmé jeudi que les services de la répression des fraudes avaient procédé à des perquisitions sur plusieurs de ses sites, dans le cadre des investigations menées par les autorités après le scandale des moteurs diesel truqués de Volkswagen.

«La DGCCRF s'est rendue au siège social, au Centre technique Renault de Lardy et au Technocentre de Guyancourt», a précisé le groupe, tout en assurant que les tests réalisés à la demande de la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, n'avaient pas détecté de logiciel truqueur.

De son côté, le constructeur PSA Peugeot Citroën a affirmé jeudi «ne pas avoir fait l'objet d'une perquisition de la DGCCRF» et indiqué que les résultats des tests du gouvernement français suite à l'affaire Volkswagen n'ont pas montré d'anomalie concernant ses modèles.

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