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Peach et Foursquare, deux destins opposés face à Facebook

Cette semaine, le réseau social Peach, lancé par le fondateur de Vine, a décollé. En face, Foursquare vient de perdre la moitié de sa valeur. Survivre face à Facebook devient de plus en plus difficile

Est-il encore possible, pour un réseau social, de vivre dans l’ombre de Facebook? Cette semaine, une nouvelle application sociale, Peach, est sortie de l’ombre pour tenter sa chance sur un marché devenu hyperconcurrentiel. Lancé par Dom Hoffman, le fondateur de Vine, l’application de Twitter diffusant des vidéos de six secondes, Peach se présente comme un mélange entre un réseau social et un service de messagerie. Alors que cette application tente sa chance, une autre souffre face à la concurrence de Facebook, fort de 1,55 milliard d’utilisateurs. Foursquare, premier réseau social ayant utilisé la géolocalisation, a annoncé vendredi avoir procédé à une levée de fonds divisant par deux sa valeur depuis 2013.

Commençons par Peach. Depuis le tout début 2016, l’application fait parler d’elle. D’abord par Twitter et le bouche-à-oreille, avant que les médias américains ne s’en emparent cette semaine. Peach n’est pour l’heure qu’une application pour iPhone, il n’existe pas de version pour Android. Le programme se présente offre des fonctions pour l’heure présente chez Facebook, twitter et Snapchat, le service de partage de photos s’autodétruisant après quelques secondes.

Vers le cimetière?

Le service a beau posséder un site web, peach.cool, tout se passe uniquement au sein de l’application. Il est possible d’envoyer des émoticones géants ou des images à ses relations. Peach offre aussi la possibilité de déclencher des actions en dessinant une lettre sur l’écran de son smartphone. Esquisser un «d» permet d’ouvrir un outil de dessin, «b» d’afficher l’état la batterie ou «s» de détecter, comme avec Shazam, quelle chanson est diffusée aux alentours. Enfin, il est possible de partager des images, des gifs (images animées). Il n’y a pas vraiment de fil d’actualité de ses amis, il faut en effet cliquer sur l’un de ses amis pour visionner ses publications.

Dom Hoffman n’a pour l’heure donné aucune interview concernant sa création. Coup d’éclat éphémère ou volonté de s’imposer sur les marchés des réseaux sociaux? On le saura dans les prochains jours. Il est possible que Peach rejoigne Path, Ello ou encore App.net au cimetière des applications à tendance sociétale. D’ailleurs, Dom Hoffman avait créé mi 2015 l’application Byte, pour créer à partir de photos, textes et Gifs. Depuis, Byte a disparu des radars.

Valeur divisée par deux

En parallèle, Foursquare, qui avait pourtant devancé Facebook dans l’utilisation de la géolocalisation des smartphones, souffre. Dans la nuit de jeudi à vendredi, il annonçait certes la levée de 45 millions de dollars, mais liée à une valorisation divisée par deux depuis 2013. Foursquare ne vaut aujourd’hui plus que la moitié des 650 millions de dollars qu’il valait lors de son dernier tour de financement, en 2013. Foursquare a connu ses heures de gloire en 2012-2013, lorsqu’il revendiquait 15 millions d’utilisateurs au niveau mondial, qui décrochaient des récompenses virtuelles (et parfois des coupons de réduction) en se rendant dans des hôtels, magasins ou restaurants.

«Tout le monde pensait que nous allions devenir la société qui allait détrônait Facebook, ce qui était de la folie», estimait vendredi dans le «New York Times» Dennis Crowley, fondateur de Foursquare, qui vient de quitter son siège de directeur. Et les temps deviennent difficiles pour les sociétés qui ne sont pas leaders sur leur marché. «Attendez-vous à d’autres baisses de valorisations de sociétés. Elles peuvent continuer à lever des fonds, mais pas aux valorisations que l’on voyait il y a un an», expliquait un responsable de la société de recherche CB Insights au journal new-yorkais.

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