Classement

Le Qatar déloge l’EPFL du podium des universités les plus internationales

Pour la première fois en six ans, l’établissement lausannois ne fait plus partie des trois institutions les plus cosmopolites de la planète, selon le baromètre mondial Times Higher Education

Une ombre moyen-orientale est venue ternir cette année l’aura internationale de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Contre toute attente, l’université de Qatar s’est hissée au premier rang des 200 alma mater les plus cosmopolites et ouverts vers l’extérieur au monde. Pour la première fois depuis 2010, l’institution vaudoise quitte le trio de tête, pour terminer 4e du classement phare publié chaque année par Times Higher Education (THE).

Tout un symbole, sachant que la faculté quatarie pointe au 601e rang – 31e pour l’EPFL – au palmarès général des 800 meilleurs établissements de la planète. Du coup, l’Université de Genève se voit elle aussi rétrogradée d’un rang, en 5e position, derrière ses homologues du Luxembourg (2e) et de Hongkong (3e).

Ce recul des entités académiques helvétiques est toutefois à relativiser. La Suisse (romande) maintient une présence record de quatre institutions (EPFL, Universités de Genève, Ecole polytechnique fédérale de Zurich et Université de Saint-Gall) parmi les Universités qui comptent les plus d’étudiants et de personnel enseignant étranger, ainsi que de travaux de recherche publiés avec au moins un coauteur d’un autre pays.

Synergies culturelles et disciplinaires

Quelle est la pertinence de l’évaluation faite par THE? Le degré d’internationalisation – soit l’attractivité – d’une Université est l’un des facteurs clés de son succès. Car l’innovation émerge souvent du contact d’énergies créatives provenant de cultures et de disciplines différentes.

Concernant la méthode utilisée par THE, Hassan Rachid Al-Derham, président de l’Université du Qatar, note cependant que la proportion élevée d’étudiants et d’employés étrangers observée dans son établissement découle de la nature démographique du Golfe. «Cela n’a rien à voir avec une stratégie d’internationalisation agressive de notre part», fait-il remarquer. Le responsable reconnaît en revanche que la générosité de son royaume, en matière de ressources financière mises à disposition des chercheurs, stimule la visibilité et les partenariats transfrontaliers.

Les Etats-Unis et le Canada brillent par leur absence

Seuls 22 établissements Nord américains figurent au palmarès des 200 Universités les plus internationales du globe, contre 128 pour l’Europe. «Les Etats-Unis est le pays qui accueille, en chiffres absolus, le plus d’étudiants étrangers au monde. Mais cette proportion est mitigée par la taille aussi supérieure de ses effectifs académiques totaux», se défend Daniel Obst, vice-président adjoint de l’Institut d’enseignement international.

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