Innovation

Cobalt, la start-up qui veut réinventer l'aviation privée

Son avion, au design futuriste, doit prendre son envol l'année prochaine. Ses cinq passagers pourront voler à une vitesse de près 500 kilomètres à l'heure

Avec ses courbes, sa couleur noire et son cockpit entièrement vitré, le Co50 Valkyrie ne ressemble à aucun autre avion privé. Il serait même plus proche de la Batmobile. «Tous les avions se ressemblent. Nous avons voulu dessiner la Maserati des airs», confie David Loury, le fondateur et patron de Cobalt, la petite société à l’origine du projet.

L’appareil peut transporter jusqu’à cinq personnes. Son fuselage est composé de matériaux composites, ce qui permet de limiter le poids à 1,5 tonne. Principal avantage: un avion plus rapide. Selon Cobalt, il peut ainsi atteindre une vitesse de croisière de 260 nœuds, soit 481 kilomètres à l’heure. «C’est l’avion à piston le plus rapide du monde», assure son créateur.

Autre promesse: une consommation d’essence abaissée pour effectuer des vols pouvant atteindre 2000 kilomètres. Présenté en novembre, l’appareil est encore en phase de tests au nord de San Francisco, où la société, fondée en France, vient de s’installer après un détour par le Canada. Cobalt espère livrer ses premiers exemplaires au cours de l’été 2017. Le prix de lancement a été fixé à 700 000 dollars.

Le Co50 constitue l’un des symboles d’une nouvelle génération de start-up qui ambitionnent de révolutionner l’aviation privée. «La plupart des avions qui volent aujourd’hui ont été conçus dans les années 70 ou 80, note David Loury. Le secteur manque cruellement d’innovations». Mais les multiples succès rencontrés par SpaceX, la firme spatiale lancée par Elon Musk, a montré la voie à suivre.

Déjà des concurrents

Une autre entreprise de la région partage d'ailleurs les mêmes ambitions. Fondée il y a dix ans, Icon Aircraft mise cependant sur un autre créneau: un avion, capable de se poser sur l'eau, accessible au plus grand nombre. Son modèle, le Icon 5, est ainsi commercialisé à partir de 189 000 dollars. A ce prix là, l’appareil ne peut transporter que deux passagers. Et sa vitesse est limitée à 95 nœuds, soit 176 kilomètres à l’heure.

Icon a livré son premier avion au mois de juillet. «Notre mission est de rendre l’aviation accessible aux milliers de personnes qui en rêvent mais qui considèrent que c’est hors de leur moyen», expliquait alors Kirk Hawkins, son directeur général. L’entreprise californienne assure disposait d’un carnet de plus de 1800 commandes.

Face aux fabricants traditionnels, ces sociétés se distinguent par des «méthodes post-2000 dans une industrie qui n’a pas vraiment évolué», avance David Loury. Il explique par exemple avoir mis en place «un mode de production qui ne requiert pas beaucoup de capitaux». La fabrication du dernier prototype n’aurait ainsi nécessité que le travail de trois personnes pendant trois jours.

Ces nouveaux avions se veulent aussi plus faciles à utiliser. Sur le Co50, les commandes sont ainsi simplifiées au maximum, avec une seule manette de direction. Le tableau de bord ne comprend «que les informations nécessaires», indique cet ancien ingénieur d’Airbus. Des informations qui s’affichent sur deux écrans tactiles. Enfin, plus besoin d’effectuer une check-list avant de décoller: ces vérifications sont effectuées automatiquement.

Certifications coûteuses

Avant de conquérir les airs, ces appareils doivent encore obtenir la certification des différentes autorités aériennes. Un processus long et coûteux. Icon a déjà franchi une première l’été dernier en décrochant le feu vert de la Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur américain. «L’aviation est l’un des secteurs les plus réglementés, regrette David Loury. Cela réclame beaucoup de travail et de compétences extrêmement variées».

C’est pour cela que les nouveaux entrants sont rares. Dans les années 2000, la start-up Eclipe Aviation, pourtant soutenue par Bill Gates, avait dû renoncer après dix ans d'efforts. Pour poursuivre son développement, Cobalt cherche à lever 30 millions de dollars auprès d’investisseurs. «La Silicon Valley est l’endroit idéal pour cela, espère son fondateur. Il y a un état d’esprit qui n’existe nul part ailleurs, notamment en Europe.» Sans compter une météo clémente qui permet d’accumuler les heures de vol d’essai.

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