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La vitesse, le facteur le plus important dans la transformation numérique

L'avenir appartient aux plus rapides, a expliqué Meg Whitman, la patronne de HP, lors d'un débat à Davos. Une recommendation reprise par plusieurs directeurs d'entreprises

«L’avenir appartient aux plus rapides», a répété Meg Whitman, directrice générale d’HP Enterprise. Le plus grand changement de l’économie aujourd’hui: «La vitesse», a expliqué la responsable, lors d’un débat au Forum économique mondial (WEF) mercredi. Et il ne faut pas sous-estimer la capacité d’adaptation des entreprises. Entrée en fonction il y a trois ans, à un moment difficile pour le groupe américain et après plusieurs directeurs généraux partis rapidement, Meg Whitman a admis: «Je craignais d’être celle qui pousserait l’entreprise du haut de la falaise en voulant changer trop vite le modèle. En réalité, nous aurions pu aller beaucoup plus vite.»

S’exprimant sur la numérisation des entreprises et les défis qu’elle pose, la plupart des patrons ont mis l’accent sur la nécessité d’aller vite. «Si vous n’êtes pas assez rapides à vous adapter, quelqu’un prendra votre place», a prévenu Marc Benioff, fondateur de Saleforces, éditeurs de logiciels basé à San Francisco. Et cet impératif touche toutes les industries, alors les nouveaux acteurs, les «disrupters» arrivent. Pour éviter d’investir pour profiter de perspectives technologiques qui se sont révélées des fantasmes, Jean-Pascal Tricoire, patron de Schneider Electrics a recommandé de diviser les grands projets en plusieurs parties et «se lancer sur le marché le plus rapidement possible».

«Seuls les paranoïaques survivent»

Dans ce contexte, «plus que jamais, l’adage selon lequel seuls les paranoïaques survivent est vrai», a lancé Klaus Kleinfeld, directeur général d’Alcoa. Pour le producteur américain d’aluminium, un point central de la numérisation réside dans le facteur humain: «La technologie ne pose pas de problème. En revanche, le défi est de pousser toute l’organisation à comprendre qu’une révolution est en train de se produire. Il faut insuffler un «esprit Schumpeter» dans l’entreprise.»

Bernard J. Tyson, directeur général du consortium actif dans la santé Kaiser Permanente, basé en Californie, a d’ailleurs illustré ce problème avec sa plateforme de «e-visit» médicale. «Cela a amené un progrès, permettant aux patients de consulter sans quitter leur domicile, mais cela a aussi créé des craintes immenses à l’intérieur de l’organisation, parce que cela change le métier des médecins.

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Dans cette révolution technologique, la plupart des grands patrons n’investissent pas assez dans l’informatique, a regretté Meg Whitman. D’ailleurs, a-t-elle souligné, «je connais plus de responsables qui cherchent à économiser dans ce domaine, que l’inverse». Or, avec la «quatrième révolution industrielle» et les changements qu’elle implique dans l’automatisation, l’intelligence artificielle et la connectivité, l’aspect informatique est crucial: la plupart des groupes reposent sur une infrastructure informatique âgée qui ne correspond plus à l’environnement actuel, a ajouté la responsable.

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