Scandale

Amag ne versera rien aux propriétaires de VW diesel

Après l’Allemagne qui a planifié le rappel des véhicules équipés d’un moteur diesel manipulé, c’est au tour de la Suisse, via l’importateur Amag, de lancer l’opération

La générosité du constructeur VW et de l’importateur Amag a des limites dans l’affaire des moteurs truqués. «Les revendications de la Fédération romande des consommateurs (FRC) ne sont juridiquement pas fondées», a déclaré vendredi Morten Hannesbo, patron d’Amag, directement concerné par le rappel de 130 000 véhicules pour mise en conformité en Suisse, sur les 11 millions touchés par le scandale des émissions de NOx.

«Nous n’avons ni l’intention d’offrir une prime comme aux Etats-Unis, ni celle de racheter les véhicules», précise le patron d’Amag. Il estime que la responsabilité de l’importateur se limite à offrir la réparation gratuite. «Personne, à la FRC, n’a pu m’expliquer pourquoi il faudrait offrir une indemnité aujourd’hui alors qu’elle n’a jamais été exigée, précédemment, lors de rappels de véhicules d’autres constructeurs».

Le dialogue n’est pas formellement rompu avec le FRC, mais Amag n’ira manifestement pas au-delà d’un petit geste commercial pour conserver ou restaurer la confiance de la clientèle. «L’une des réparations dure une demi-heure. On peut offrir le café et les croissants au client durant les travaux», suggère Livio Piatti, membre de la «task force» de 10 personnes constituée chez Amag pour gérer le dossier. D’autres attentions de ce type sont aussi envisageables, comme la mise à disposition d’un véhicule de remplacement, la prise en charge d’un billet de tram, un rabais de fidélité sur l’achat d’un nouveau véhicule ou l’invitation de la famille du client à un «événement» organisé par l’importateur.

Le rappel des véhicules se déroulera en trois phases, de mars à décembre pour les moteurs diesel 2 litres, de juin à décembre pour les moteurs 1,2 litre, et de septembre à décembre pour les moteurs 1,6 litre. 45% des véhicules touchés sont de marque VW, 20% Audi, 20% Skoda, 8% Seat et 7% sont des véhicules utilitaires. Deux courriers parviendront aux propriétaires concernés.

Le coût moyen de la réparation couvert par le constructeur s’élève à une centaine de francs par véhicule, soit 13 millions pour le parc automobile suisse. «Le coût global à charge d’Amag est difficile à estimer. On ne le connaîtra qu’en 2017, mais je pense que le client suisse nous pardonnera. Il est prêt à nous donner une deuxième chance», souligne Morten Hannesbo. Malgré une légère baisse des ventes en fin d’année, la part de marché des marques vendues par Amag est restée stable à 29,6% (-0,2%) en 2015. Le chiffre d’affaires, effet franc fort oblige, est en recul de 4,3%, à 4,4 milliards.

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