Marchés

L'interminable affaissement du pétrole pèse de nouveau sur les Bourses mondiales

Après une courte embellie, le nouvel affaissement du pétrole a encore obscurci l'horizon des Bourses mondiales, les places européennes s'enfonçant dès l'ouverture dans le sillage des marchés asiatiques et américains

«L’optimisme qui avait gagné les marchés financiers en fin de semaine dernière n'aura pas fait long feu», ont résumé les économistes du Crédit Mutuel CIC.

La reprise alimentée par les espoirs d'une intervention des banques centrales et une petite remontée des cours de l'or noir n'a pas tenu longtemps.

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi a beau avoir fait miroiter de nouvelles mesures tout comme la banque centrale du Japon (Boj), les investisseurs sont vite revenus à la réalité.

Les Bourses européennes ont ainsi suivi l'exemple de l'Asie et de Wall Street et ouvert sur de nettes baisses.

Vers 10H00 (09H00 GMT), la Bourse de Paris perdait 1,65%, celle de Francfort 1,33% et celle de Londres 1,54%.

Car l'équation reste la même: le refus des pays de l'OPEP de limiter leur production continue à alimenter une offre trop abondante face à une économie mondiale affaiblie par un ralentissement de la Chine qui rend la demande poussive. Avec pour conséquence inéluctable, une baisse des prix. 

«Tant qu'il n'y a pas de visibilité sur l'offre et que celle sur la demande se dégrade, le baril (de pétrole) risque de poursuivre sa baisse», ont estimé les analystes de Aurel BGC.

Et mardi matin les cours du pétrole continuait de s'abîmer, les contrats américain comme européen tombant sous le seuil de 30 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Un déclin «guère surprenant compte tenu de la faiblesse persistante des fondamentaux» et «il va être très difficile d'obtenir des cours plus élevés», pour Daniel Ang, analyste chez Phillip Futures à Singapour.

«En outre, la chute des marchés chinois ce matin montre que les investisseurs locaux restent très nerveux», ont complété les analystes de Aurel BGC.

La place chinoise de Shanghai, qui a déjà perdu plus de 17% depuis le début de l'année, a été plombée par des ventes massives malgré de nouvelles injections de liquidités par la banque centrale. Elle a chuté de plus de 6% et celle de Shenzen de plus de 7%.

«Certains investisseurs n'ont plus aucune envie de se battre à contre-courant à l'approche des vacances du Nouvel an lunaire (début février), le marché est donc très vulnérable: dès que le repli des cours s'est accentué, les investisseurs paniqués se sont mis à vendre à tout rompre», a aussi expliqué à l'AFP Zhang Yanbing, analyste du courtier Zheshang.

Fed en vue

Tokyo a aussi clôturé en recul de 2,35% et Hongkong de 2,48%. 

Moscou a également ouvert sur une baisse de plus de 3% et sa monnaie chutait également lourdement.

Conséquence logique, le marché de la dette servait par contre de refuge comme toujours en cas d'agitation et les taux d'emprunts des pays de la zone euro, Allemagne en tête se détendaient clairement.

L'euro pour sa part restait stable face au dollar mardi dans un marché attentiste alors que débute plus tard dans la journée une réunion de deux jours du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Alors que «la réunion de la BCE est encore fraîche dans les mémoires» et que son président Mario Draghi «continue à essayer de convaincre les investisseurs que la BCE sera capable d'agir si nécessaire», le communiqué de la Fed «sera particulièrement important pour les investisseurs», a relevé Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

Le précédent du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) en décembre avait donné le coup d'envoi de la remontée des taux directeurs, ce qui avait renforcé le dollar et compliqué la tâche des autorités chinoises pour préserver leur monnaie.

Pour l'instant, «les marchés tablent sur trois à quatre remontées de taux en 2016», a précisé M. Hewson.

Et selon lui, «le schéma à court terme est celui-ci: la BCE ne peut pas avoir un euro plus faible sans renforcer le dollar", ce que la Fed "aimerait plutôt éviter».

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