Innovation

La Silicon Valley livre ses recettes aux entrepreneurs suisses

Le Worldwebforum, qui s’est tenu jeudi à Zurich, a permis à des entrepreneurs américains et suisses d’échanger leurs vues en matière de création d’entreprises. Tout n’est pas qu’une question d’argent et de technologie mais aussi d’état d’esprit envers l’innovation

Démonstration de drones, possibilité de tester des appareils de réalité virtuelle ainsi qu’une multitude d’orateurs issus des sociétés les plus emblématiques de la Silicon Valley comme Uber, Google ou Hyperloop. Jeudi à Zurich, la quatrième édition du Worldwebforum, consacré au «leadership numérique», a permis de prendre la température du climat d’investissement dans le secteur des nouvelles technologies. «Il n’y a jamais eu autant d’argent dans la Silicon Valley mais les processus de financement deviennent incroyablement sophistiqués», a estimé Duncan Logan, directeur et fondateur de Rocketspace, une société de capital-risque basée à San Francisco qui a notamment financé des entreprises comme Spotify (musique en ligne) ou Uber (transport).

Kirsty Nathoo, directrice des finances chez Y Combinator, un fonds basé dans la même ville qui a notamment financé des start-up comme Dropbox (sauvegarde de données en ligne) ou Airbnb (location d’appartements), estime que le climat pour le financement de projets en phase initiale («early stage») est toujours très robuste. Elle observe toutefois qu’un certain nombre d’entreprises ont besoin de plus de temps avant d’effectuer leur entrée en bourse, ce qui, à terme, pourrait pénaliser le financement de nouveaux projets en phase initiale. Elle ne voit pas de grande différence entre l’Europe et les Etats-Unis en termes de capacités technologiques. «Il faut avoir une technologie qui ait un intérêt sur le plan mondial. Pensez à Twitter, la société n’est pas particulièrement liée au marché américain. L’important est de penser en grand», a-t-elle poursuivi.

Encourager la prise de risques

Ce qui manque souvent en Suisse, c’est d’envisager un projet de manière globale, a estimé Ruedi Noser, conseiller national libéral-radical zurichois et fer de lance du futur projet de parc technologique de Dübendorf. «Si Uber avait été inventé à Zurich, on aurait certainement testé d’abord le système de fond en comble dans la ville – avant d’aller ensuite faire de même dans la commune voisine de Schlieren», a-t-il plaisanté.

Matt Atkin, responsable de l’analyse et de la stratégie chez Uber, a souligné l’importance d’encourager les employés de sa société à prendre des risques et à expérimenter de nouvelles idées. La société a par exemple peu à peu décliné son offre en différents sous-services – comme UberSUV (grands véhicules) ou UberX (prix les plus bas) – grâce à l’apport des idées de ses employés et utilisateurs.

Heures de travail contre «stock-options»

Le domaine des transports est un des sujets clés actuellement dans la Silicon Valley. Hyperloop Transportation Technologies, qui développe un système de capsules transportant des passagers à une vitesse allant jusqu’à 1200 kilomètres par heure, est la nouvelle société phare du moment sur la côte ouest. La société travaille sur un prototype de ce système de transport en Californie qui fonctionnerait essentiellement grâce à l’énergie solaire. Aux yeux de son directeur Dirk Ahlborn, la mise sur pied du projet n’a pas été uniquement une question d’argent. Il a surtout été rendu possible grâce à la collaboration de centaines d’étudiants ou de scientifiques qui ont accepté de travailler au moins 10 heures par semaine pour le projet en l’échange de l’obtention de «stock options» dans le capital de la société.

Le Worldwebforum, qui est sponsorisé par Swisscom, La Poste, Ringier (coéditeur du Temps, ndlr), Leonteq, Swiss Life et Aduno, a aussi décerné jeudi le Prix de la meilleure start-up à la jeune pousse Sobu.ch devant plus de 500 participants.

Publicité