Médecine

La start-up lausannoise Mindmaze vaudrait 1 milliard de dollars

Le conglomérat indien Hinduja a investi dans la start-up qui a inventé un casque à réalité virtuelle pour les victimes d’AVC, selon la presse indienne

Y-a-t-il une licorne à Ecublens? La start-up Mindmaze, basée à l’EPFL, serait entrée dans le club des sociétés privées valorisées à plus d’un milliard de dollars. Selon le site The Economic Times, ce changement de statut tient au montant que le groupe Hinduja a dépensé pour acquérir «moins d’un tiers» du capital de la société fondée il y a quatre ans au bord du lac Léman.

Sa spécialité? Elle «rééduque des victimes d’AVC avec des jeux vidéo», résume le président de l’EPFL, Patrick Aebischer (LT du 3 octobre). L’inventeur de cette technologie, c’est Tej Tadi, un Indien de 34 ans originaire de Hyderabad, ingénieur en électronique puis doctorant de l’école polytechnique: «La puce de Mindmaze informatise le monde, comme le cerveau le fait intuitivement, décrit-il sur le site du média indien. Vous pensez à quelque chose et ce quelque chose se matérialise sur le logiciel.»

Rééducation à domicile

Plus précisément, la plate-forme informatique de Mindmaze aide à la réhabilitation neurologique de personnes qui ont été victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Sur le principe de la réalité augmentée, grâce à un logiciel en trois dimensions et à des simulations numériques, le patient perçoit ses propres mouvements sur un écran. L’autre particularité, c’est que ses utilisateurs peuvent s’exercer quotidiennement sans se rendre à l’hôpital. Le médecin traitant, lui, peut observer en ligne les progrès du patient.

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Lundi, la société était «très sollicitée» et n’a pas été en mesure de répondre à nos questions. Elle n’a en revanche pas démenti l’entrée dans son capital de Hinduja Group.

Depuis sa création en 2011, Mindmaze a franchi plusieurs étapes importantes, dont plusieurs levées de fonds. Mais la société n’a pas cherché partout. Elle a consciencieusement évité les venture capitalistes traditionnels. «En se tournant vers eux à un stade trop précoce, vous courez le risque de ne vous orienter que dans une seule direction», explique Tej Tadi dans The Economic Times. Car avec son innovation, Mindmaze s’imagine conquérir d’autres secteurs que le médical.

Le conglomérat Hinduja, déjà présent en Suisse via sa banque Hinduja Bank à Genève, aurait d’ailleurs investi dans Mindmaze pour développer d’autres applications, dans les domaines de la défense, des médias et du divertissement, selon le site du groupe Times of India. «Dans un futur immédiat, la médecine et les jeux vidéo seront les deux univers dans lesquels se trouvent le plus d’opportunités pour les développeurs d’interface cerveau-machine, affirme Mindmaze sur son site Internet. Mais les autres industries ne vont pas tarder bien longtemps.»

La santé d’abord, les jeux ensuite

Une chose est néanmoins certaine, c’est dans l’univers de la santé que le logiciel s’impose le plus rapidement. C’est aussi celui dans lequel la concurrence est moins dense. En novembre dernier, la start-up a annoncé que son système de réalité virtuelle immersive – Immersive Virtual Reality (IVR) – avait reçu la certification nécessaire à son utilisation dans les hôpitaux et les cliniques européennes. «Nous voulons devenir le numéro un dans le domaine de la médecine neurologique, ambitionne Tej Tadi. D’ici à cinq ans, tous les appareils du monde devraient intégrer notre technologie».

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