Prévoyance

La fondation Profond affiche une performance de 6,3% dans l'immobilier

La fondation collective maintient son taux technique à 3,5% malgré les taux négatifs. La part des actions est très supérieure à la moyenne et atteint 50%, celle de l’immobilier 23%. Olaf Meyer, président du conseil de fondation, présente son approche iconoclaste

La fondation collective Profond, qui regroupe 1700 PME et gère 6 milliards d’actifs, a enregistré une performance de placement de 2,5% en 2015. Elle est donc en dessous de son taux technique de 3,5%, lequel correspond à l’espérance de rendement à long terme. Le taux de couverture s’élève maintenant à 105,9%.

Pour 2016, le taux technique est maintenu à 3,5%, pour la troisième année de suite. Est-ce trop ambitieux? Olaf Meyer, président du conseil de fondation, refuse de céder au climat négatif de ce début d’année même s’il juge le rendement 2015 d'«insatisfaisant». Il explique que le maintien d’un taux de 3,5% repose sur deux considérations. «Nous ne voulons pas créer d’inégalité de traitement entre les assurés actifs et les retraités et il faut relativiser l’exercice 2015. Nous avons connu trois bonnes années auparavant», déclare-t-il. L’expert reconnaît toutefois le besoin de renforcer les réserves de fluctuations de son institution.

Engagement d’un directeur des investissements

Beaucoup de caisses de pensions ont toutefois un taux technique très inférieur. «Il est heureux que toutes les institutions n’aient pas la même approche. Sur les routes aussi, il n’y a pas un seul type de voiture», fait valoir l’expert. Imprudent Profond? «Le degré de prudence ne se mesure pas à l’aune du seul taux technique», dit-il. Il faut, à son avis, regarder la relation entre l’objectif de rendement et les coûts des engagements. Le risque d’entrer dans un long cycle baissier sur les actions ne l’inquiète pas outre mesure: «Si les marchés sont mauvais durant cinq ans, la plupart des caisses rencontreront des difficultés. Mais les bonnes années reviendront un jour», ajoute-t-il.

Le Fribourgeois s’attend à une volatilité plus élevée que dans le passé. Mais «l’important est de garder le cap à long terme», dit-il. Un excès de réactions aux fluctuations produit toujours une augmentation des transactions et des coûts, observe-t-il.

Profond engagera par ailleurs un directeur des investissements (CIO), afin de souligner son indépendance d’approche et de faciliter la communication au sein du groupe. Un geste également lié à la taille de l’institution.

Investir dans les valeurs réelles

Olaf Meyer estime que sa société profite également d’une structure solide, avec 32 000 assurés actifs pour 7500 retraités. «Nos structures sont clairement un atout dans le contexte actuel», indique-t-il.

Malgré la persistance des taux négatifs et la morosité des marchés financiers, l’institution n’a nullement l’intention de modifier sa stratégie. «Nous continuons d’investir dans les valeurs réelles, telles que les actions à fort dividende et l’immobilier», annonce-t-il.

La part des actions atteint environ 50% du portefeuille et celle de l’immobilier 23%. En 2015, la performance s’est élevée à 7% pour les actions suisses (27,8% du portefeuille), et 6,3% pour l’immobilier. Les actions internationales (24,9%) ont présenté un rendement négatif de 0,5%.

Dans l’immobilier, «le segment du logement est sain. Les espaces vacants sont très modestes», explique-t-il. Profond explique sa bonne performance dans l’immobilier par une politique d’investissement directe, à l’inverse de celle employée dans les actions. L’équipement d’investissement interne comprend une vingtaine de spécialistes.

Augmenter la part des infrastructures à 8%

«Nous avons été surpris par la correction de janvier, mais nous maintenons le cap», déclare-t-il. Le principal changement a été d’augmenter la protection sur les changes, principalement à l’égard du dollar et de l’euro.

«La principale adaptation à venir porte sur une augmentation progressive des investissements alternatifs, comme l’énergie et les infrastructures», fait valoir Olaf Meyer. Le Fribourgeois de Montilier indique disposer d’une équipe d’experts qui lui permet d’investir directement dans les infrastructures suisses, par exemple dans la distribution d’énergie, «mais pas dans Swissgrid», précise-t-il, ainsi que dans la production. L’objectif pour 2016 consiste à augmenter à 8% la part des infrastructures et de viser, sur ce segment, un rendement supérieur à 6% à long terme.


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