Promotion

Genève attire de nouveau les sièges de multinationales

Le canton, qui a séduit 31 nouvelles entreprises en 2015, a regagné la confiance de certains acteurs américains

Pour la première fois depuis 2012, six quartiers généraux d’entreprises étrangères ont choisi de s’installer à Genève. À ces postes commerciaux avancés pour l’Europe, voire le monde entier, s’ajoutent 25 autres implantations étrangères, dont une partie significative provient des États-Unis. Voilà le bilan 2015 pour la promotion économique exogène du canton, présentée en exclusivité au Temps.

Lire également: Quels remèdes pour l’économie locale?

Longtemps considéré comme condamné à attirer uniquement des structures de vente, Genève semble raviver son pouvoir de séduction des sièges internationaux. «Nous sommes agréablement surpris de ce bon résultat, étant donné le contexte difficile», résume Pierre Maudet, ministre en charge de l’économie et de la sécurité.

Le contexte? Le canton du bout du lac a enregistré un record de 39 implantations en 2011. L’exercice a été suivi d’un creux, un an plus tard, avec 23 arrivés. Puis, un nouveau pic de 35 installations en 2014. L’année dernière s’inscrit donc dans la moyenne de ces quatorze dernières années.

Sciences de la vie, négoce et technologies

La cuvée 2015 comprend des noms comme Wilmar Sugar, le géant du sucre singapourien, le groupe américain actif dans les sciences de la vie Incyte (dont les autorités espèrent qu’il fera office d’appel d’air), son homologue spécialiste du diagnostic moléculaire Linkage Biosciences et la société de Memphis, Med Communications, active dans l’industrie pharmaceutique et la biotechnologie. Mais aussi la pharma chinoise Tasly, qui incarne la convergence entre médecine traditionnelle asiatique et occidentale, le Japonais Menicon, spécialiste des lentilles oculaires, ou encore l’Américain Silent Circle, à l’origine du Blackphone. Et parmi les entités qui n’ont pas déjà claironné leur arrivée à Genève l’an passé, on peut citer l’Indien Microland (informatique) et l’Américain HirLan (services aux medtech).

Des 31 nouveaux acteurs, seuls dix ont accepté de sortir du bois. Les autres ont préféré la discrétion. Mais d’après le canton, cette liste d’anonymes est composée de six spécialistes du négoce de matières premières (dont un d’origine italienne) et autant de professionnels des technologies de l’information et de la communication, ainsi que de huit entités actives dans les sciences de la vie. Le solde? Une école privée et, notamment, un acteur jugé hors catégorie: l’accélérateur américain de start-up MassChallenge. «L’argument Campus Biotech est à ce titre une véritable aubaine pour nous», commente Daniel Loeffler, directeur du Service genevois de la promotion économique.

Missions de diversification

Perspectives pour l’emploi de cette vague de nouveaux venus: 130 postes supplémentaires à court terme, pour des effectifs finaux d’environ 450 salariés d’ici à trois ans. «Genève recommence à attirer des sociétés n’étant pas encore présentes en Europe. Depuis deux à trois ans, ces dernières ne transfèrent qu’une poignée de cadres, le reste des employés est recruté localement», se félicite Daniel Loeffler. Pour les dossiers les plus prometteurs, les promesses d’engagement oscillent entre 30 et 60 collaborateurs.

«Ce résultat est le fruit d’efforts qualitatifs, pour séduire des entreprises en cohérence avec le tissu économique et académique genevois», souligne Pierre Maudet. Sur les six allègements fiscaux accordés dans le canton en 2015, seul un concernait le wagon d’entreprises nouvellement installées l’an passé.

Publicité