Marché du travail

Le taux de chômage en Suisse dépassera les 4% au cours de 2016

En moyenne annuelle, un taux de chômage de 3,6% est attendu pour l'année en cours par les instituts KOF et BAKBASEL, avec des pics mensuels allant au-delà des 4%. Les récentes annonces de licenciements, comme chez Alstom ou Swisscom, n’apparaîtront dans les statistiques qu’ultérieurement

La hausse du taux de chômage s'est poursuivie en Suisse en janvier, augmentant pour le sixième mois d'affilée. Il s'est établi à 3,8% en janvier, contre 3,7% en décembre, a indiqué mardi le Secrétariat d’État à l'Economie (Seco) dans un communiqué. Même si le nombre de sans-emploi tend à être plus élevé durant l'hiver, il a grimpé le mois dernier au-delà du taux de 3,5% affiché durant les mois de janvier de 2015 et 2014. C'est aussi le taux le plus élevé observé depuis mars 2010.

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La banque IG ne s'étonne pas de cette progression qui s'inscrit dans la tendance haussière «continuellement observée depuis juillet 2015». «Au cours de l'année 2015, le taux de chômage a, à l'évidence, été affecté par l'abandon du cours plancher entre l'euro et le franc, même si l'on exclut les facteurs saisonniers», a relevé la banque dans une note. 

La hausse se poursuivra

Pour la suite, le Seco prévoit un taux de 3,6% en moyenne pour l'année 2016, contre 3,3% l'an dernier. Ces prochains mois, il pourrait toutefois augmenter jusqu'à 4%, a expliqué Boris Zürcher, le chef de la direction du travail du Seco lors d'une conférence téléphonique, cité par l'ATS. Parmi les instituts indépendants, le centre de recherches conjoncturelles zurichois KOF prévoit un taux de chômage de 3,6% pour l'année en cours, grimpant ensuite à 3,8% en 2017.

Dans ses pronostics pour l'année en cours, BAKBASEL place aussi la barre à 3,6% cette année pour le taux de chômage en Suisse, suivi d'une diminution à 3,5% en 2017. En nombre absolu, l'institut prévoyait en décembre une augmentation à 156 500 personnes en moyenne pour l'année 2016. Un nombre qui a toutefois déjà été dépassé en janvier avec 163 644 personnes inscrites auprès des offices régionaux de placement (ORP), soit environ 5000 de plus qu'en décembre dernier et près de 12 700 personnes de plus qu'un an plus tôt à la même période.

Au moins 6500 postes supprimés depuis juillet  

Ces derniers mois, les annonces de suppressions d'emplois représentant plusieurs centaines de postes se sont multipliées, avec notamment les coupes annoncées par Swisscom en février (700 emplois), Alstom en janvier (1300 emplois) ou encore chez Credit Suisse (1600 postes) d'ici à 2018. Depuis juillet, les annonces de licenciement répertoriées sur le site du Temps avoisinent les 6500 emplois (voire notre infographie en ligne).

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Les coupes annoncées depuis l'été dernier commencent-elles à déployer leurs effets sur les chiffres de l'emploi ? Selon Yngve Abrahamsen, économiste au KOF, il faut tenir compte d'un décalage - d'une demi-année au minimum – entre le moment où les suppressions d'emplois sont annoncées et celui où elles apparaissent dans les statistiques du marché du travail. «Les annonces de l'automne dernier figurent peut-être déjà dans les chiffres de janvier. Mais ce n'est pas encore le cas pour celles d'Alstom, de Credit Suisse ou de Swisscom», illustre-t-il. L'institut zurichois anticipe ainsi une poursuite de la hausse du taux de chômage à 4,2 % d'ici à janvier 2017. 

Neuchâtel a le taux le plus élevé

D'un point de vue régional, le taux de chômage a été le plus élevé en janvier à Neuchâtel (6,4%), dans le Valais (5,9%), à Genève (5,8%), Vaud (5,5%) et dans le Jura (4,9%). Quant à Fribourg, le taux de chômage a atteint 3,7%. l'inverse, il a été le plus bas à Obwald (1,1%) et à Nidwald (1,3%). Dans les grands cantons alémaniques, il a été le plus élevé à Bâle-Ville (4,2%), à Zurich (4%), puis à Berne (3%) 

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