Innovation

Les start-up misent de plus en plus sur le crowdfunding

La plateforme Kickstarter a annoncé avoir soutenu plus de 100’000 projets dans le monde. A l’heure où la recherche de fonds se complique pour les start-up, le financement participatif apparaît comme un modèle alternatif valable selon certains observateurs

Valorisations à la baisse, réductions des dépenses courantes voire même faillites: la situation se complique pour certaines start-up, qui font actuellement face à un ralentissement de leurs financements. Certains prophétisent même une année 2016 catastrophique pour les jeunes pousses américaines. Et la Suisse n’est pas épargnée, puisqu’elle fait face à l’exode de ses start-up qui cherchent entre 2 et 10 millions de francs. Dans le même temps pourtant, la plateforme américaine de crowdfunding Kickstarter annonçait mardi avoir soutenu plus de 100’000 projets depuis 2009, dont 269 en Suisse, et ce grâce à plus de 2 milliards de dollars levés.

Le financement participatif sauvera-t-il les start-up? «C’est une solution», affirme Vincent Pignon, président de l’association suisse de crowdfunding. En 2015, le financement participatif, via des dons, des levées de fonds en capital ou des prêts provenant de la foule, aura permis de récolter 36 milliards de dollars dans le monde: 17 aux Etats-Unis, 10 en Chine et 6 en Europe. La Suisse possède encore une marge de progression importante puisqu’elle n’a généré que 15,8 millions de francs en 2014 via ce modèle. «Je remarque depuis six mois un très fort intérêt pour cette forme de financement. Les chiffres ont une croissance à trois chiffres», assure Vincent Pignon. Une trentaine de plateformes œuvrent aujourd’hui en Suisse, Wemakeit, Kickstarter et WeCan. Fund considérés comme les trois leaders.

Soutenir des projets coûteux

«C’est une approche qui se développe et est intéressante pour les start-up, car elle leur permet de réaliser des études de marché extrêmement efficaces auprès de leurs clients potentiels, en complément de leur levée de fonds, complète Jordi Montserrat, co-directeur de l’accélérateur romand Venture Kick. Mais il faut s’ôter de l’esprit que ce sera la solution miracle.» Il relativise l’intérêt de ce modèle pour la levée de sommes importantes, ce qui pêche justement en Suisse. «Le montant moyen levé en crowdfunding est de 7000 dollars (ou 7000 francs).» A noter que pour les start-up innovantes, la moyenne est en revanche plus haute.

«Nous avons la chance en Suisse de ne pas avoir de plafond quant aux sommes pouvant être récoltées», affirme pourtant Vincent Pignon. Il se dit certain du potentiel de ce mode de financement, qui pourrait permettre de soutenir des projets coûteux dans leur totalité. Pour cela, l’enjeu pour les plateformes de financement participatif sera de parvenir à mobiliser de larges communautés d’investisseurs, «comme Kickstarter a su le faire», argumente-t-il. Comment? «De plus en plus de plateformes se spécialisent dans un domaine précis, les biotechnologies ou la fintech par exemple, afin de pouvoir compter sur un solide réseau d’investisseurs», explique Vincent Pignon. Selon lui, le crowdfunding «servira de tremplin aux entrepreneurs, qui démarcheront ensuite plus facilement des gros investisseurs. Le crowdfunding est de plus en plus perçu comme la garantie qu’un projet est crédible, viable et possède un socle de clients potentiels.»

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