Transport

Allocab, rival majeur d’Uber en France, lorgne le marché genevois

L’un des principaux réseaux français de limousines et de taxis-moto projette d’étendre ses activités au bout du lac. Son homologue Supershuttle est déjà actif depuis un an à Cointrin. Y a-t-il d’autres candidats à la conquête de Genève?

L’un des principaux concurrents d’Uber en France, Allocab, songe à déployer son offre à Genève, a appris Le Temps. Interpellé, son président Yanis Kiansky, pris dans la tourmente des grèves de taxis dans son pays, confirme le projet d’attaquer le marché genevois, sans toutefois livrer davantage de précisions. «Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de l’évolution la situation», résume-t-il, en substance, via ses services de communication. Mais selon nos informations, Allocab a déjà entrepris des démarches juridiques pour étendre son bassin de chalandise au bout du lac.

Les plans de la start-up réunissant plus de 100 000 utilisateurs dans l’Hexagone, soit environ un dixième de la clientèle d’Uber, se voulaient discrets. Les taxis genevois, qui ont semble-t-il voté ces derniers jours le principe d’une grève massive anti-Uber – la date précise ne serait pas encore arrêtée –, ignoraient qu’un nouveau concurrent potentiel s’est adjoint les services d’un cabinet d’avocats de la place pour préparer son arrivée dans le canton. Dans un contexte déjà tendu à Genève, les bonbonnes jaunes n’ont pas souhaité commenter le cas Allocab à ce stade.

Le mutisme des milieux professionnels traditionnels du bout du lac tranche toutefois avec la réaction d’Uber: «Vous nous annoncez une bonne nouvelle, la concurrence est toujours bénéfique pour les Genevois qui ont besoin de se déplacer», déclare, en toute confiance, son porte-parole pour l’Europe de l’Ouest.

Il y a encore peu, les rivaux d’Uber évitaient la Suisse, laissant à la start-up californienne le rôle d’éclaireur. Le contexte a depuis changé. Un projet de nouvelle loi sur les taxis, actuellement entre les mains du Parlement genevois, doit ouvrir la voie à la concurrence numérique en matière de transport individuel. Cette «lex Uber» risque-t-elle de provoquer un appel d’air? Le Britannique Karhoo avait déjà manifesté, en novembre dernier dans les colonnes du Temps, son intérêt pour la Suisse.

Uber bétonne ses contrats

Contactés, les Français Le Cab (70 000 usagers), SnapCar (plus de 100 000 clients) et Chauffeur Privé, indiquent ne pas lorgner le marché romand. Pour l’instant: leur autre concurrent SuperShuttle, filiale de Transdev, est déjà actif à Genève depuis un an. Les navettes de groupe figurant parmi les leaders mondiaux des transports en commun, assurent depuis février 2015 des liaisons entre l’aéroport de Cointrin et les stations de ski françaises. Marché potentiel, en cas d’acheminement de touristes dans les Alpes suisses également: plus de 2 millions de clients par an, dont une bonne moitié de Britanniques.

Mises au courant des intentions d’Allocab, les autorités genevoises disent ne pas pouvoir se prononcer en l’absence d’une demande officielle de la part de la start-up française. Elles précisent toutefois que, «comme n’importe quelle entreprise active à Genève, tout nouveau venu doit de conformer strictement aux lois cantonales et fédérales régissant son activité».

L’interprétation des exigences légales a incité Uber, mardi dernier, à modifier ses conditions d’utilisation pour la Suisse. Le contrat qui lie la société américaine à ses usagers sur le marché helvétique, stipule dorénavant en lettres majuscules que la plateforme «ne fournit pas ni n’agit en qualité de transporteur» et que ses chauffeurs sont des «prestataires tiers indépendants, n’étant pas employés par Uber ou ses affiliés».

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