Technologie

Infomaniak accélère sa diversification

Doté de trois centres de données, le numéro un suisse de l’hébergement de sites, basé à Genève, propose désormais un service de newsletters à ses clients. Infomaniak compte actuellement plus de 150 000 clients, dont 35% sont à l’étranger

C’est dans une Renault Twingo… électrique que Boris Siegenthaler vient nous chercher à l’aéroport de Genève. «Je l’ai achetée il y a une dizaine d’années et c’est une entreprise tessinoise qui a changé le moteur essence en moteur électrique. Il a fallu quelques allers-retours au Tessin les premiers jours pour régler des soucis techniques. Mais depuis, elle fonctionne parfaitement. C’était sans doute l’une des premières voitures électriques roulant en Suisse!». Boris Siegenthaler, l’un des pionniers suisses de l’informatique est à la tête d’Infomaniak, premier hébergeur de sites du pays. La société gérant désormais trois centres de données accélère sa diversification, en proposant à ses clients un outil pour gérer et envoyer des newsletters jusqu’à 100 000 de leurs abonnés et clients.

L’histoire de la société démarre au début des années 1990, avec la création d’un club informatique à Bellevue (GE). Puis celle d’un magasin spécialisé en 1994, doté d’une surface de 100m2. Aujourd’hui, Infomaniak, c’est cinquante-cinq employés, trois centres de données et 150 000 clients. «Bien sûr, l’hébergement de site demeure notre activité principale, explique Boris Siegenthaler. Et ce même si 1000 particuliers nous quittent chaque mois, car ils n’ont plus besoin de leur propre site pour partager des photos – Facebook fait cela très bien. Et chaque mois, en parallèle, 2000 PME deviennent nos clientes». En Suisse romande, Infomaniak se targue d’héberger un site sur deux.

Face à Amazon et Google

Avec un chiffre d’affaires prévu de 18 millions de francs en 2016 (+15%) pour un résultat net tenu secret – «nous sommes bénéficiaires», sourit le directeur –, Infomaniak est le premier hébergeur du pays, devant Green.ch. Aujourd’hui, 60% de son chiffre d’affaires est généré via l’hébergement de sites. «Le but est maintenant de nous diversifier par petites touches, poursuit Boris Siegenthaler. Nous proposons depuis peu la synchronisation entre l’agenda et l’email. Et il y a désormais ce service de newsletter».

La société ne risque-t-elle pas de se faire dépasser par un Amazon ou un Google? «Bien sûr, ces géants proposent des services de stockage de données à prix concurrentiels, avec des services additionnels. Mais essayez de les contacter en cas de question ou de souci technique… La proximité avec nos clients fait notre force. Il restera toujours des hébergeurs en Suisse, c’est certain», assure Boris Siegenthaler, qui affirme recevoir régulièrement des offres de rachat de sa société. «Sans plus-value pour le développement d’Infomaniak à long terme, aucune offre ne m’intéresse», poursuit-il avec le sourire.

Le directeur a une grande fierté, le fait de développer un maximum de service en interne. «Sur nos 55 employés, quarante sont des développeurs. L’idée est d’être au maximum indépendant de sociétés tierces, ce qui permet de réagir beaucoup plus vite en cas de problème technique et de proposer nos propres solutions». Et c’est ainsi en interne qu’Infomaniak a conçu ses centres de données, tous trois répartis dans la couronne genevoise. Boris Siegenthaler s’est impliqué personnellement pour les rendre les moins gourmands en énergie. «Ici, nous parvenons à faire tourner des centaines de serveurs sans climatisation, explique le directeur. Nous utilisons au mieux l’échange d’air entre l’intérieur et l’extérieur. Et grâce à plusieurs innovations, notre indicateur d’efficacité énergétique n’est que de 1,1, alors que la moyenne européenne est de 1,8».

35% de clients étrangers

Quels risques Boris Siegenthaler entrevoit-il pour sa société? «En fait, c’est un métier assez stressant, car il faut que tous les services fonctionnent tout le temps, explique-t-il. Nous sommes sans cesse confrontés à des attaques informatiques et devons y faire face. Nos clients sont très exigeants, d’autant plus que ce sont, de plus en plus, des entreprises». Aujourd’hui, 35% des clients de la société sont étrangers, pour leur immense majorité française. «Certes, nous sommes plus chers que des prestataires locaux. Mais notre qualité de service est un atout important».

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