Commentaire

Zurich Insurance: L'inverse de Warren Buffett

L'assureur le plus américain d'Europe valait 40 milliards de francs, à l'époque de Rolf Hüppi. Il n'en vaut plus que 31 milliards. Un aveu d'échec à long terme. Des leçons à tirer pour Mario Greco

Le plus haut niveau de l'action, à plus de 800 francs, remonte à la fin du siècle passé lorsque Rolf Hüppi multipliait les acquisitions (BAT Services, Scudder). L'assureur le plus américain d'Europe valait 40 milliards de francs. Il n'en vaut plus que 31 milliards. Un aveu d'échec à long terme pour Zurich Insurance.

L'Américain James Schiro, décédé en 2014, avait repris l'empire Hüppi lors de la récession de 2002 (action en-dessous de 100 francs), pour le réorganiser et le diriger jusqu'en 2009. Le Bâlois Martin Senn, qui avait bien géré les placements durant la crise, a ensuite tardé à investir. L'action dépassa à peine les 300 francs au printemps 2015. Le groupe a relâché sa discipline de souscription de risques en fin de cycles. Mieux aurait valu écouter Warren Buffett, l'homme qui avait par exemple investi dans Swiss Re lorsque le groupe jouait sa survie.

A présent, exit Martin Senn. L'action Zurich vaut moins de 200 francs, au plus bas depuis cinq ans. Le groupe s'apprête à réduire la voilure, désinvestir et supprimer ou déplacer 8000 emplois. L'année financière 2016 promet d'être mauvaise – Chine, ralentissement américain, pétrole... Ne faut-il pas en profiter et investir? Que ferait Warren Buffett? Acheter en dessous de la valeur des fonds propres ou se plaindre de la volatilité? Pour Mario Greco, l'instauration d'une nouvelle discipline tarifaire doit être accompagnée d'une attitude offensive.


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