Réorganisation

Zurich fait tout pour satisfaire ses actionnaires

Avant l’arrivée de son nouveau patron, Mario Greco, l’assureur prend des mesures d’économie qui toucheront 8000 emplois, dont 750 en Suisse. Le dividende, l’un des plus généreux de la cote, reste inchangé, mais la rémunération des dirigeants serait réduite

Le groupe Zurich, qui emploie 55 000 salariés, a multiplié les mauvaises nouvelles ces derniers mois. Ce qui a finalement conduit au départ de son patron, Martin Senn. La présentation des résultats annuels à la presse, jeudi à Zurich, a été l’occasion d’un choc pour l’emploi. Le bénéfice 2015 est resté pour sa part assez proche des attentes, ainsi que le montre une baisse de l’action (-3%) du même ordre que celle de la bourse suisse.

Nouveau patron dès le 7 mars

Tom de Swaan, président du conseil d’administration et directeur général ad interim, a annoncé que 8000 postes seront «affectés, par des départs naturels, licenciements ou délocalisations d’ici 2018». La décision a été prise avant que n’entre en fonction le nouveau directeur général, Mario Greco, dont la venue est avancée du 1er mai au 7 mars. De ce nombre, 2000 font partie de mesures annoncées et partiellement réalisées ces derniers mois, selon le porte-parole.

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Tom de Swaan n’a pas défini avec précision le rythme, les branches et les pays qui seront le plus touchés. Le nombre précis de licenciements sera connu ultérieurement. «Des projets sont en cours et ils évoluent constamment» a déclaré Tom de Swaan. Mais le site suisse, même si la marche des affaires de Zurich en Suisse a été présentée comme l’une des plus satisfaisantes du groupe en 2015, sera lourdement frappé par les mesures d’économie. Environ 15% des effectifs suisses seront affectés, soit 750 emplois. Le siège central et les filiales vie et non-vie seront concernées, selon la direction. En Suisse, l’assureur emploie 5000 salariés, au siège et dans les filiales. Il a déjà annoncé l’an dernier la délocalisation de 300 emplois vers des centres de services en Europe de l’Est.

Un résultat décevant

Le résultat 2015 a été «décevant», ainsi qu’en convient Tom de Swaan. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires de Zurich a dégringolé de 53% à 1,84 milliard de dollars (1,8 milliard de francs) et l’assureur enregistre même une perte de 424 millions de dollars au quatrième trimestre. «Le résultat net est inférieur de 63% aux attentes du marché» a indiqué un analyste de Morgan Stanley. La faute en revient d’abord aux affaires non-vie, où le bénéfice chute de 71%. Le mauvais résultat du groupe «a des effets sur la rémunération des dirigeants pour 2015», a ajouté Tom de Swaan.

Mais la direction proposera tout de même à l’assemblée générale du 30 mars de verser un dividende inchangé de 17 francs par action. Il en coûtera 2,7 milliards de dollars. Le bénéfice ne suffit pas. Le groupe devra donc prendre environ 800 millions de ses réserves pour maintenir son dividende.

Tom de Swaan explique que son but est de verser un dividende «attrayant et durable». Le groupe, qui dispose d’une note de AA, reste financièrement très solide. Sa solvabilité est conforme à ses objectifs. Avec un ratio de fonds propres de 114%, selon son propre modèle économique, la société au milieu de la zone visée (110 à 120%). En outre, le résultat 2015 est pénalisé par des facteurs uniques, comme les coûts de la restructuration (865 millions de dollars) et un taux d’imposition de 36,6%.

Un rendement direct de 8,5%

Le rendement direct s’élève donc à 8,5%, le plus élevé au sein des membres de l’indice SMI des valeurs suisses. Nombreux sont les investisseurs attirés avant tout par le niveau du dividende de ce groupe. Les analystes s’attendaient en moyenne à une réduction à 16,4 francs.

Par contre, la direction renonce à des rachats d’actions pour réduire son excès de liquidités. Sur ce point, le premier critère considéré concerne les besoins alloués à la croissance organique, puis la politique d’acquisition et enfin les rachats de titres, a indiqué George Quinn, directeur financier. «Le management a écouté la voix de la sagesse pour investir dans des améliorations opérationnelles», a estimé l’analyste de Barclays.

La société a donc maintenu une marge de manœuvre suffisante avant que n’entre en fonction Mario Greco. Ce dernier «devra élaborer la stratégie pour 2017 et au-delà», selon Tom de Swaan. S’il prévoit une amélioration bénéficiaire en 2016, l’assureur ne devrait pas atteindre son objectif de rendement des fonds propres de 12 à 14%. Ce dernier n’est que de 6,4% en 2015.

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