Bourse

Tentatives de reprise technique à la Bourse suisse et en Europe

La Bourse suisse, à l'instar des autres places européennes, tentait vendredi matin une reprise technique, après les pertes massives subies la veille (-3,04%). L'indice des valeurs vedettes, le Swiss Market Index (SMI), a ainsi ouvert en hausse, en s'appréciant de 1,3% à 7594 points dans les premiers échanges

Les indications préalables en provenance des Etats-Unis sont relativement bonnes. Vendredi matin, les Futures Dow Jones sont en hausse de 1,2% environ par rapport aux clôtures jeudi en Europe. La reprise du prix du pétrole devrait aussi soutenir les marchés.

Dans les premiers échanges aussi, Francfort a entamé la journée avec un gain de 1,16%, Paris de 1,35% et Londres de 0,99%. Jeudi, ces trois places avaient décroché respectivement de 2,93%, de 2,39% et de 4,05%.

Quant à savoir si le rebond durera, la question est ouverte et dépendra notamment des données américaines du jour (chiffres d'affaires du commerce de détail, confiance des consommateurs Uni Michigan). Au Japon, le Nikkei a encore chuté de 4,84% vendredi.

Dans son commentaire matinal, John Plassard, de Mirabaud, relève que Wall Street a aligné une cinquième séance de baisse d'affilée jeudi, plombé par le secteur bancaire. Les indices ont cependant réduit leurs pertes sur la fin, grâce aux valeurs pétrolières. Celles-ci ont réagi à de nouvelles rumeurs d'une action concertée des pays producteurs pour faire remonter les cours du brut.

Asie rouge vif

La Bourse de Tokyo a ouvert en forte baisse vendredi 12 février, dans la lignée des marchés mondiaux qui ont nettement décroché la veille, surtout en Europe, terrassés par un cocktail d'inquiétudes et de doutes à l'égard du pétrole, des banques et de la croissance mondiale.

Dans les premiers échanges, l'indice Nikkei chutait de 5% au lendemain d'un jour férié, au plus bas depuis octobre 2014. Il avait déjà fini en recul de 2,3% mercredi et de 5,4% mardi.

La remontée du yen pénalise la bourse

Plus encore que les autres places financières, la Bourse de Tokyo souffre en ce début d'année, laminée par la remontée du yen, valeur refuge, un mouvement qui pénalise durement les entreprises exportatrices et l'économie japonaise.

Le dollar oscille désormais autour de 112 yens, contre 120 yens fin 2015, au point que les spéculations grandissent sur une éventuelle intervention des autorités japonaises sur le marché des changes pour stopper cette hausse en passe de ruiner tous les efforts entrepris par le gouvernement et la banque centrale depuis trois ans.

Le ministre japonais des Finances, Taro Aso, a dit vendredi matin «surveiller de près les mouvements des monnaies».

«Nous sommes entrés dans une différente phase», a commenté pour l'agence Bloomberg Juichi Wako, analyste de la maison de courtage Nomura à Tokyo. «Les fluctuations dollar-yen sont au centre des regards, nous sommes à la merci des mouvements des monnaies».

Ailleurs en Asie, les marchés en Chine, Taiwan et au Vietnam seront encore fermés vendredi en raison des congés du Nouvel an lunaire.

La tourmente boursière n'épargne personne

Jeudi 11 février, la sinistrose avait été générale sur les places financières mondiales. Après une dégringolade de près de 4% à Hong Kong, les dégâts ont été prononcés en Europe: Paris a perdu 4,05%, Francfort 2,93%, Londres 2,39%, Milan 5,63% et Madrid 4,88%.

Lire aussi:  Jeudi rouge vif sur les marchés

La tourmente a ensuite emporté Wall Street, où le Dow Jones a perdu en clôture 1,60% et le Nasdaq 0,39%, et l'ensemble du continent américain: Buenos Aires a lâché 2,96%, Sao Paulo, 2,56% et Toronto 0,81%.

En tenant un discours très prudent, la présidente de la Banque centrale américaine, Janet Yellen, qui a témoigné mercredi et jeudi devant les parlementaires, n'a rien fait pour rassurer les places financières.

Outre le ralentissement chinois, «les deux facteurs qui pèsent sur les marchés restent en place, à savoir les banques et le pétrole», souligne Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Les banques, qui cristallisent les peurs depuis quelques jours, étaient en effet en première ligne du décrochage, au point que plusieurs journaux allemands parlaient de «tremblement de terre bancaire».

Les cours du pétrole, autre sujet majeur de préoccupation des marchés, continuaient de se rapprocher de leurs plus bas niveaux depuis 2003, alourdissant encore un peu plus l'ambiance générale.

Les banques centrales démunies face à cette chute 

Corollaire logique de l'aversion totale des investisseurs pour le risque, les placements jugés sûrs étaient très recherchés. L'or passait ainsi au-dessus des 1.200 dollars. Sont aussi plébiscitées les obligations d'Etat, dont le taux de rendement pour les titres à 10 ans est même tombé temporairement en terrain négatif mardi au Japon.

Pour Christopher Dembik, un économiste de Saxo Banque, «désormais la panique est auto-entretenue et les marchés ne font plus guère attention aux fondamentaux».

S'ils sont aussi désorientés depuis le début de l'année, c'est aussi parce que les banques centrales paraissent de plus en plus démunies à renverser la donne.

«Seule une action de ces dernières pourrait encore rassurer, mais elles disposent de moins en moins d'instruments pour surprendre les investisseurs», analyse Christopher Dembik.

La Réserve fédérale américaine est en position de statu quo, poursuit-il, faisant reposer la pression sur la Banque centrale européenne. Or son président, «Mario Draghi, n'a plus de lapin à sortir de son chapeau, donc la baisse actuelle pourrait encore durer longtemps et potentiellement se transformer en nouvelle crise».  

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