Divertissement

Le pari du football de BT

BT s'est diversifié à partir de 2012 en achetant les droits de la Premier league anglaise et de la Champion's League en Angleterre, puis en créant ses chaînes de sport et en les proposant à ses abonnés à des prix préférentiels

Tout au fond de l’ancien parc olympique, encore à moitié en travaux, se trouve le grand pari de BT. C’est là, dans l’est de Londres, que l’opérateur britannique historique de téléphonie a installé il y a trois ans ses chaînes de télévisions. L’immense bâtiment caverneux, qui avait servi de centre de presse lors des Jeux Olympiques de 2012, abrite notamment un studio de 1400 mètres carrés, ouvert et modulable, l’un des plus grands disponibles au Royaume-Uni. Lors des soirées de Ligue des champions, dont BT a les droits exclusifs, jusqu’à huit matchs y sont diffusés en direct, présentés par le très populaire Gary Lineker, un ancien footballeur et par ailleurs star de la BBC.

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«Les gens ont désormais compris que BT comptait dans le football», estime Simon Green, le directeur de BT Sport. Pour les matchs de la Ligue des champions en particulier, 350 000 téléspectateurs en moyenne sont au rendez-vous, environ la même audience que ce que faisait l’an dernier Sky, le bouquet satellite du groupe Murdoch.

Simon Green est désormais à la tête de quatre chaînes de sport séparées, dont l’une est entièrement consacrée au football européen (championnats de France, d’Italie, du Portugal…) et à la Ligue des champions. «Cette compétition est très importante, même s’il y a beaucoup moins de matchs que la Premier League, parce que certaines rencontres sont un véritable événement national, estime-t-il. Etant donné qu’on en possède les droits exclusifs, la seule façon de les regarder est sur BT Sport, qui devient incontournable.»

Au départ, le pari de BT était loin d’être gagné. Depuis deux décennies, Sky est de loin la plateforme qui domine le football anglais. Plusieurs concurrents ont tenté de s’attaquer au mastodonte, dont l’Américain ESPN et l’Irlandais Setanta. A chaque fois, ils se sont cassé les dents. Si BT va bientôt entrer dans sa quatrième saison, s’installant dans le paysage, c’est grâce à son modèle économique différent: ses chaînes de sport ne servent pas à gagner de l’argent en tant que telles, mais à attirer les clients. Ceux qui s’abonnent à son internet haut débit ou à son offre de télévision peuvent regarder les matchs à prix cassé.

BT pourrait-il un jour dépasser Sky et devenir l’acteur dominant? «Ici, à BT Sport, nous sommes prêts à passer à la vitesse supérieure, répond Simon Green. Mais la direction générale de BT en est moins sûre. Elle a une approche plus prudente, de long terme.»

Selon lui, la bataille de titans entre Sky et BT va durer. «Dans dix ans, nous serons tous les deux encore présents. Chacun gagnera des batailles. Ce ne sera pas une lutte à la mort.»

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