Ma planète finance

La rançon de la gloire

Regard de notre journaliste Sébastien Dubas sur l’actualité économique et financière de ces deux dernières semaines

Ah les vacances, partir loin et tout oublier. Pour ne rien vous cacher, j’ai passé les deux dernières semaines au Sri Lanka. Dépaysement total. Plats épicés, chauffeurs de bus déjantés, montagnes parsemées de rizières et de plantations de thé, temples en tout genre, plages de sable fin, soleil, réserves naturelles, éléphants, singes et caméléons.

Sans oublier des banques locales d’un autre temps. Des banques où les distributeurs n’acceptent qu’une fois sur trois – et encore si vous avez de la chance – de vous remettre de l’argent. Des banques où il vous faut attendre 35 minutes, signer trois papiers et écrire par deux fois son adresse en Suisse (allez savoir pourquoi) pour changer 250 dollars. Génial.

Et puis sonne l’heure du retour. La clim à bloc dans l’avion et la grisaille qui vous attend, inexorablement, en guise de bienvenue. On jette alors un œil sur l’actualité et l’on se rend compte, en feintant de l’avoir oublié, que rien n’a changé. Ou si peu. Que la guerre continue à faire des milliers de morts en Syrie, que Donald Trump débite toujours autant d’âneries et que les marchés financiers continuent plus que jamais de jouer au yoyo.

Les banques suisses, qui n’ont pas profité de mon absence pour arrêter de verser des millions de dollars aux autorités américaines (547 pour la seule Julius Baer), sont même désormais au cœur du cyclone. Comme aux heures les plus sombres de la crise financière. Credit Suisse, qui a annoncé une perte de 3 milliards de francs pour 2015, a ainsi vu le cours de son action chuter de 40% depuis le début de l’année. Pareil pour UBS qui affiche une baisse de 26%.

Certains évoqueront la rançon du succès pour des établissements résolument tournés vers l’international. D’autres assureront qu’il ne s’agit là que des prémices d’un nouveau cataclysme boursier en devenir. Tidjane Thiam, qui a annoncé qu’il tirait un trait sur une partie de son bonus, pourra toujours se rassurer en se disant que Commercial Bank of Ceylon a elle aussi perdu 10% depuis le début de l’année. Ou alors partir en vacances.

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