Horlogerie

Richemont envisage la suppression de 350 postes en Suisse

Le groupe genevois «étudie un ajustement [de ses] capacités de production» dans le pays. Le marché «difficile», le franc fort et la baisse du tourisme en Europe sont en cause, selon une communication que Le Temps s’est procuré vendredi

Richemont envisage des suppressions d’emplois en Suisse. Le groupe de luxe basé à Bellevue (GE) «étudie un ajustement des capacités de production de certaines manufactures horlogères avec les partenaires sociaux et les autorités compétentes», selon une communication interne à laquelle Le Temps a eu accès vendredi. Le plan pourrait toucher jusqu’à 350 collaborateurs sur les douze prochains mois. Contactée, une porte-parole de Richemont a confirmé cette information sans ajouter de détails.

Selon ce document, «des mesures d’accompagnement et de reclassement au sein des diverses entités du groupe seront proposées pour limiter au maximum les réductions d’effectifs». Concrètement, comme il l’avait fait en novembre dernier avec Stern Créations Genève, son entité spécialisée dans les cadrans de montres, le groupe va chercher à replacer tout ou partie des employés concernés auprès d’autres usines ou manufactures du groupe dans le pays.

Seule réponse possible

Jusqu’ici, les suppressions de postes dans l’industrie horlogère avaient essentiellement touché les sous-traitants de l’arc jurassien et les plus grandes marques horlogères avaient été épargnées.

Pour Richemont, cette mesure apparaît toutefois comme la seule réponse possible au marché horloger actuel jugé «difficile», à l’appréciation substantielle du franc suisse et au ralentissement «significatif» du tourisme en Europe depuis novembre 2015, à lire la communication interne. Entre octobre et fin décembre, le groupe vu ses ventes augmenter de 3%, en rythme annuel. Mais hors effet de changes (favorables), le chiffre d’affaires a reculé de 4%.

La situation n’est pas uniquement difficile pour Richemont. Jeudi, la Fédération horlogère (FH) a indiqué que les exportations suisses de montres avaient, dans leur ensemble, encore reculé de 7,9%, entre janvier 2015 et janvier 2016. La FH évoquait un environnement «défavorable» pesant sur les résultats de la branche.

Les investissements continuent

Richemont, dont le portefeuille comprend notamment Cartier, Vacheron Constantin, Piaget et Montblanc, emploie aujourd’hui près de 9000 collaborateurs en Suisse. Et plus de 2000 postes ont été créés par le groupe et ses marques dans le pays depuis 2010, ajoute-t-il dans cette communication.

Il y souligne en outre la poursuite de ses investissements «pour le long terme», au sein de ses marques joaillières et horlogères. Et de citer les extensions des manufactures Vacheron Constantin à Plan-les-Ouates (GE), IWC à Schaffhouse (SH), Cartier Horlogerie à Glovelier (JU) et Cartier joaillerie au Locle (NE).

Cette annonce survient alors que le groupe réajuste en permanence ses positions en Suisse. En novembre dernier, il annonçait la vente de la société Varin Varinor, active dans l’étampage à Delémont (JU), à un groupe d’investisseurs.

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