Finance

Le G20 devra détecter les risques financiers

La Suisse entend se profiler sur la finance verte et durable durant la réunion de Shanghai les 26 et 27 février

Ueli Maurer, dans son nouvel habit de ministre des Finances, participera à sa première réunion internationale importante vendredi et samedi à Shanghai. La Chine accueille les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 (85% du commerce mondial). La Suisse, malgré son poids dans le secteur financier, n'est pas membre du groupe. Elle occupe cependant un strapontin qu'elle aimerait bien voir transformer en place fixe dans les dossiers financiers discutés par l'institution au grand poids politique.

Après la Russie en 2013, la Chine a songé à inviter la Suisse, avec Singapour, pour le seul volet financier des réunions du G20. La délégation helvétique sera notamment composée du conseiller fédéral UDC, de Thomas Jordan, président de la BNS, et d'Alexander Karrer, ambassadeur au secrétariat d'Etat aux questions financières internationales (SFI).

Une réunion dans un contexte de pays industrialisés endettés

Le G20 s'ouvre dans un contexte de fort endettement des pays industrialisés suite à la crise financière, de chute des prix des matières premières, et de la dévaluation surprise du yuan chinois, tout cela sur fond de terrorisme dont les circuits financiers occultes préoccupent les ministres.

Sur ce dernier dossier, une discussion aura sans doute lieu sur les moyens de réglementer les cartes financières à prépaiement, par exemple utilisées dans le cadre des attentats de Paris, ou sur une surveillance particulière des transactions en argent liquide. La Suisse, à ce propos, a fixé la limite à 100 000 francs, près de dix fois supérieure à celle en vigueur au sein de l'Union européenne.

 Un système financier fragilisé

Le président chinois Xi Jinping a placé le G20 en 2016, année de présidence de son pays, sous le signe des mesures à prendre pour une économie mondiale innovante, revigorée, et interconnectée. Les réformes du système financier, fragilisé par la forte dette publique, doivent permettre de détecter de nouveaux risques et d'y faire face par des mesures correctives prêtes à l'emploi.

Christine Lagarde, directrice du FMI, estime que le G20 doit se concentrer sur l'élimination des effets collatéraux et de retour de balancier dus aux politiques monétaires contradictoires entre les Etat-Unis, l'Europe et le Japon.

La Suisse est présente dans cinq groupes de travail. Elle s'investit notamment dans celui sur l'économie verte qui vise à répertorier les meilleurs pratiques pour réduire les barrières institutionnelles et stimuler les investissements durables.

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