Horlogerie

HYT et Preciflex lèvent 23 millions de francs, notamment grâce à Peter Brabeck

Le président de Nestlé fait partie des investisseurs misant sur la jeune société horlogère et sa société-sœur. Elles développent des montres qui indiquent l'heure grâce à des fluides

HYT et Preciflex «changent de dimension». Les deux sociétés vont annoncer ce jeudi qu’elles ont réussi à rassembler un nouveau tour de table de 23 millions de francs. Pour HYT, marque horlogère neuchâteloise connue pour ses montres qui donnent l’heure grâce à des liquides, comme pour Preciflex, sa sœur biennoise (BE) active dans le développement de technologies fluidiques, cette levée de fonds représente un «changement de dimension», affirme Patrick Berdoz, président des conseils d’administrations des deux jeunes entreprises.

L’objectif initial n’était de lever «que» 15 millions, mais devant l’intérêt suscité par la démarche, le montant a été revu à la hausse. Parmi les investisseurs ayant choisi de miser sur les deux sociétés se trouvent non seulement les fondateurs de l’entreprise et des actionnaires existants mais également de nouveaux venus comme le président de Nestlé Peter Brabeck-Letmathe ou une filiale de Tetra-Pak.

«Lever des fonds, ce n’est pas très compliqué, concède Patrick Berdoz. Mais trouver les bons partenaires, qui amènent une réelle valeur ajoutée à l’entreprise, c’est plus difficile. À ce titre, c’est une chance pour nous d’avoir Peter Brabeck-Letmathe qui représente un poids lourd de l’industrie…»

Vitrine technologique

Un mot de contexte: les deux sociétés fondées en 2012 – et employant, en tout, 44 employés – sont certes deux entités distinctes, mais qui partagent la même base d’actionnaires. En outre, elles sont liées entre elles par une série de contrats. «Preciflex développe des technologies tournant autour de l’injection de fluides au sens large. Nous imaginions d’abord des applications médicales, mais avons finalement décidé de nous tourner vers l’horlogerie en fondant une nouvelle société, HYT», explique Patrick Berdoz, l’architecte de cette structure.

Pourquoi l’horlogerie? «Dans le médical, il nous aurait fallu au moins cinq ans pour lancer et tester nos produits. Dans l’horlogerie, qui n’est pas réglementée, cela nous a pris quelques mois avant de pouvoir lancer nos premières montres», ajoute le président. HYT joue ainsi le rôle de «vitrine» pour les technologies de Preciflex, potentiellement exploitables plus tard dans le médical.

Descente en gamme

Avec l’apport des 23 millions de francs, Patrick Berdoz et ses équipes se sont fixé deux objectifs. En premier lieu, il s’agira de permettre à HYT de descendre en gamme. Pour l’heure, ses montres ne coûtent pas moins de 50 000 francs – et les prix de ces pièces où des conduites en verre remplies de liquides remplacent généralement les aiguilles peuvent grimper jusqu’à plusieurs centaines de milliers de francs. «Les nouveaux produits de HYT devraient descendre à 25-30 000 francs», prédit Patrick Berdoz.

En parallèle, cette levée de fonds permettra à Preciflex de développer une montre d’entrée de gamme – «évidemment connectable» – qui ne sera ni commercialisée par HYT, ni par Preciflex elle-même. «Il y a deux options. Soit nous créons un partenariat avec l’un ou l’autre des géants de l’industrie, soit nous créons à nouveau une marque horlogère», continue Patrick Berdoz.

Les ambitions de l’entrepreneur ne s’arrêtent pas là. A terme, c’est ainsi rien de moins qu’un nouveau groupe horloger présent sur tous les segments de marchés qui pourrait se constituer. Et se déployer également dans la joaillerie. «Quand nous présentons nos technologies fluidiques à des créatifs, ils n’en dorment plus la nuit, tant les possibilités sont multiples. Nous avons beaucoup de projets», conclut l’entrepreneur.

En vidéo, les montres de HYT présentées lors du SIHH

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