Energie

Alpiq accuse une perte nette de 830 millions de francs en 2015

Le groupe énergétique Alpiq est resté dans les chiffres rouges l’an dernier. La société basée à Lausanne a essuyé une perte nette de 830 millions de francs, contre un montant de 902 millions au terme de l’exercice précédent. L’exercice 2016 demeurera difficile

Alpiq estime, dans un communiqué publié lundi, avoir dû composer avec un environnement de marché difficile, à l’instar des autres grands acteurs du secteur en Suisse. Son chiffre d’affaires a atteint 6,72 milliards de francs en 2015, contre 8,06 milliards un an plus tôt.

Comme anticipé par Alpiq, les montants sont inférieurs à ceux de l’exercice précédent. Le recul s’explique par le bas niveau des prix de gros et la force du franc, précise le groupe en préambule à sa conférence de presse de bilan à Olten (SO).

Importants correctifs de valeur

Le facteur monétaire a notamment entraîné des corrections de valeur et des provisions après impôts à hauteur de 855 millions de francs, selon l’entreprise basée à Lausanne. Elles concernent surtout les centrales hydroélectriques suisses. Le groupe gère notamment les barrages d'Emosson et de la Grande Dixence.

De plus, les centrales nucléaires de Gösgen (SO), dont Alpiq contrôle 40%, et de Leibstadt (AG), avec une participation de 32,4%, ont décidé de comptabiliser dorénavant la valeur des fonds de désaffectation et de gestion des déchets radioactifs sur la base des valeurs du marché.

Avant les effets exceptionnels, Alpiq affiche un bénéfice net de 46 millions de francs au titre de l’exercice écoulé, contre un montant de 145 millions en 2014.

Conditions toujours difficiles

En ce qui concerne l’année en cours, le groupe énergétique prévoit une conjoncture particulièrement difficile et le bas niveau des prix de gros continuera de peser sur le résultat opérationnel. De plus, les conditions-cadres réglementaires provoquent des distorsions en matière de concurrence.

La priorité est d’assurer la capacité financière de la société. Les mesures de réduction des coûts seront poursuivies de manière rigoureuse et des opportunités supplémentaires de désinvestissements seront étudiées, afin de diminuer l’endettement, avec l’abandon systématique des participations non stratégiques.

Pas de dividende

Au vu de sa situation financière «tendue», Alpiq ne versera pas de dividende au titre de l’exercice écoulé, qui a bouclé avec une perte de 830 millions de francs. Le groupe énergétique renonce aussi à payer une partie des intérêts sur son emprunt hybride.

L’absence de paiement d’intérêts sur cet emprunt ne concerne que les actionnaires suisses du consortium, a indiqué lundi le groupe basé à Lausanne et à Olten (SO). Alpiq précise que les actionnaires concernés disent comprendre la mesure.

En revanche, les intérêts sur l’emprunt hybride public seront honorés. Les intérêts de cet emprunt sont dus au 15 novembre prochain, précise l’entreprise valdo-soleuroise dans son communiqué.

L’emprunt hybride en question trouve son origine en 2013. Ce placement d’un montant nominal de 650 millions avait alors permis de lever plus d’un milliard de francs dans le but de renforcer l’assise financière d’un groupe déjà confronté à des chiffres rouges.

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