Politique monétaire

Pour la première fois, la BCE porte son taux central à zéro

Mario Draghi élargit le programme d'assouplissement monétaire. La Banque centrale européenne abaisse ses trois taux directeurs. Les bourses bondissent

La BCE a gonflé le montant mensuel de ses rachats de dette de 60 à 80 milliards d’euros à partir du mois prochain. Désormais, les rachats concerneront également les titres émis par des établissements non-bancaires comme les municipalités et autres administrations régionales.

Elle a également abaissé ses trois taux directeurs, baromètres du crédit en zone euro, portant le taux central à zéro pour la première fois de son histoire.

Les taux d'intérêt «vont rester aux niveaux actuels ou plus bas pour une longue période, bien au-delà de l'horizon de nos rachats d'actifs», c'est-à-dire mars 2017, a dit Mario Draghi, président de la BCE. Le taux central a été porté jeudi à zéro, pour la première fois de son histoire.

A l'heure actuelle, «nous n'anticipons pas qu'il soit nécessaire d'abaisser les taux encore plus», a ajouté Mario Draghi, «mais les conditions peuvent changer». 

Des décisions en ligne avec les attentes

Telles sont les principales décisions prises par le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) qui s’est réuni à son siège jeudi à Francfort. Elles sont en ligne avec les attentes des analystes. Mario Draghi, le président de la BCE était sous pression d’agir, du fait que l’inflation pour le mois de février a navigué en zone négative, soit à -0,2%.

Les bourses applaudissent

Les bourses européennes bondissaient jeudi après-midi, saluant dans l’enthousiasme les annonces de la BCE, qui a notamment abaissé ses trois taux directeurs et décidé de gonfler le montant mensuel de ses rachats de dette.

Lire également: Le franc à nouveau soumis aux décisions européennes

Vers 14h15, Paris prenait 2,58%, Francfort 2,36%, Londres 0,58%, Milan 3,21% et Madrid 3,05%. Dans la foulée de ces annonces, qui ont surpris les marchés par leur ampleur, l’euro chutait face au dollar.

«La banque centrale a sorti l'artillerie lourde ce jeudi», alors que sa capacité à mettre en place un «bazooka» économique tant attendu avait été mise en doute après qu'elle a fortement déçu en décembre, a commenté Craig Erlam, analyste chez Oanda.


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