Technologies

Ensemble, l’Allemagne et la Suisse peuvent devenir les leaders dans l’économie numérique en Europe

Pays partenaire de CeBIT, la Suisse dispose cette année de son propre pavillon pour présenter ses atouts dans la «IT». Lundi, le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann et la ministre allemande de l’éducation Johanna Wanka ont plaidé en faveur d’une collaboration plus étroite lors de la journée d’ouverture de la manifestation phare des technologies de l’information

Retenir l’attention du public et des médias constitue un défi de tous les instants lors de la foire CeBIT. Avec plus d’une vingtaine de halles qui réunissent chacune une centaine d’exposants, la manifestation des technologies de l’information est la première de ce type sur le plan mondial. La Suisse, partenaire de l’édition 2016 de CeBIT qui a débuté lundi à Hanovre, dispose cette année d’une vitrine de choix pour présenter son secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui emploie quelque 200 000 personnes dans le pays.

La production industrielle est essentielle dans les deux pays

Le coup d’envoi officiel de la manifestation lundi après-midi a suscité l’intérêt de nombreux visiteurs dans la ville de Basse-Saxe. Devant un auditoire bondé, Johann Schneider-Ammann, le président de la Confédération suisse, et Johanna Wanka, la ministre allemande de l’éducation et de la recherche, ont souligné l’intérêt réciproque des deux pays à intensifier leur collaboration en matière de recherche, indispensable pour rester compétitifs dans le domaine de l’économie numérique. En Allemagne tout comme en Suisse, environ les deux tiers des dépenses de recherche et de développement sont financées par l’économie elle-même, a souligné la ministre. Elle a notamment plaidé en faveur d’une collaboration entre les deux pays dans le cadre du programme européen de soutien à la recherche et à l’innovation Horizon 2020, tout comme celui d’Erasmus. Autre intérêt commun entre les deux pays: la part élevée des activités de l’industrie qui atteint environ 20% du PIB, près du double de la proportion affichée par des pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. «Même à l’ère de l’industrie 4.0, le secteur aura toujours besoin d’une activité de production», a souligné Johanna Wanka.

S’associer au programme Horizon 2020

De son côté, Johann Schneider-Ammann a réaffirmé son crédo selon lequel la Suisse n’a pas besoin d’une «politique industrielle», l’Etat devant se limiter à assurer de bonnes conditions-cadres à son économie. A ses yeux, l’innovation, la recherche et la qualité de la formation font partie des conditions-cadres que la Confédération peut contribuer à améliorer. L’occasion pour lui de plaider en faveur d’une «association complète» de la Suisse au programme Horizon 2020.

Lors d’une table-ronde, Ruedi Noser, directeur de ICT Switzerland, l’organisation faîtière des technologies de l’information en Suisse, a encouragé les start-up suisses «à voir les choses en grand» et à ne pas limiter leurs ambitions au marché national. Un conseil jugé aussi valable par Thorsten Dirks, directeur de Bitkom en Allemagne. Les deux experts du secteur se sont accordés sur la nécessité d’avoir un «marché européen unique de l’économie numérique» plutôt qu’une multitude de réglementations dans ce domaine. Pour Ruedi Noser, l’Allemagne et la Suisse peuvent, ensemble, assurer «un rôle de leader européen de l’économie numérique», seul moyen pour le Vieux Continent de ne pas rater la seconde partie du match face aux Etats-Unis et à la Chine dans ce domaine.

Une nouvelle initiative pour soutenir les «fintechs»

En tout, CeBIT réunira quelque 3300 exposants jusqu’à jeudi, tandis que plus de 200 000 visiteurs d’environ 100 pays y sont attendus. Plus de 70 sociétés suisses ont fait le déplacement pour l’occasion, avec un pavillon propre qui leur est dédié. Outre l’EPFZ, le canton de Zurich dispose d’un propre stand pour promouvoir DigitalZurich2025, une initiative qui vise à promouvoir l’économie numérique dans la région. Sans oublier des stands promouvant les monnaies virtuelles telles que le «bitcoin» ou les technologies financières («fintechs»). A cet égard, plusieurs grandes entreprises, dont UBS, Credit Suisse, Swisscom, Swiss Life et Ernst & Young (EY) ont profité lundi de l’occasion pour annoncer le lancement d’un programme international d’envergure d’aide aux projets liés aux technologies financières. Les entreprises intéressées peuvent dès à présent postuler sur une plateforme intitulée Kickstart Accelerator.

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