Gestion d'actifs

Big data: l’analyse des données pour conquérir de nouveaux marchés

Les informations traitées permettent aux entreprises d’obtenir des avantages stratégiques grâce à la prise en compte d’un plus grand nombre de données

De nombreuses entreprises sont assises sur une mine d’or à côté de laquelle il n’est plus possible de passer. L’explosion du volume des données générées à travers le monde alimente une source abondante, fortement créatrice de valeur selon nous. Tout l’enjeu, pour l’ensemble des secteurs, consiste à analyser ce flux incessant.

Chaque minute, deux millions de recherches sont effectuées sur Google. La circulation des données, issues de différents canaux tels qu’Internet, les échanges verbaux ou les réseaux sociaux, connaît une accélération sans précédent. Elle devrait enregistrer une croissance de 21% par an d’ici 2018. Parallèlement, la capacité de calcul informatique et donc de traitement des informations a considérablement progressé. Sur les 50 dernières années, la puissance des microprocesseurs a été multipliée par 3500, alors que leur prix a nettement diminué.

Partant de ce constat, le concept du big data est né. Il recouvre trois dimensions: l’exploitation du flux exponentiel de données générées (Volume), issues de différentes sources (Variété) et croisées le plus souvent en temps réel (Vélocité). Les retombées financières issues de leur analyse à grande échelle pourraient se chiffrer en milliards de dollars au cours des années qui viennent.


Une révolution technologique et sociale qui change la donne

Nous avons identifié plusieurs profils d’acteurs économiques qui ont tous bien compris que la révolution technologique et sociale engendrée par l’avènement du big data ouvre le champ des possibles. Certains collectent les données et les mettent à disposition (infrastructures), d’autres éditent des logiciels et permettent leur étude (analytics), tandis qu’une troisième typologie d’entreprises regroupe les sociétés non technologiques ayant déjà transposé l’utilisation du big data dans leur activité principale afin d’en tirer un avantage compétitif et créateur de valeur (data users).

Pour le secteur technologique, la création de valeurs inhérente au big data semble évidente. Par exemple, dans le domaine de l’infrastructure informatique, les capteurs permettant de recueillir des informations sur l’environnement d’un objet ou d’une machine et de les connecter entre eux ou à Internet, représentent une nouvelle source de données. Leur utilisation de plus en plus courante offre de nombreuses opportunités et nécessite d’importants besoins d’infrastructures informatiques (capteurs, transmission et stockage des données).

Les grands acteurs à l’instar de Google, IBM, Cisco ou encore Microsoft ont investi depuis plusieurs années d’importantes sommes dans la construction de Datacenter mais ont aussi déployé des solutions dédiées à l’analyse de données. Toutefois, des nouveaux entrants cherchent à prendre une part de ce gâteau qui fait des envieux. En outre, de nombreuses sociétés opérant dans des secteurs plus traditionnels vont pouvoir tirer parti de la révolution du big data.


La thématique concerne tous les secteurs d’activité

La maintenance industrielle, la personnalisation des offres, l’efficacité énergétique, la médecine préventive ou encore la voiture autonome sont autant d’exemples des différentes applications de la thématique. Les transformations profondes engendrées par la capacité de traitement des données à grande échelle sont à même de redéfinir les frontières entre les différents secteurs et les entreprises qui sauront saisir l’opportunité.

Les informations traitées permettent aux entreprises d’obtenir des avantages stratégiques grâce à la prise en compte d’un plus grand nombre de données, au perfectionnement de l’existant (optimisation et réduction des coûts, gains de productivité…), à la création de nouveaux produits plus ciblés, ou encore à l’amélioration de l’expérience client. En effet, une meilleure connaissance des nouveaux besoins constitue clairement un atout.

Les villes et même des pays entiers bénéficient également de l’analyse des données. Ainsi, l’administration des ressources en temps réel est désormais possible. Par exemple, le projet Digital Delta, lancé par les Pays-Bas en collaboration avec IBM, vise à construire une plateforme destinée à la prise en charge de la distribution de l’eau. Il devrait à terme aboutir à une baisse de 15% du coût lié à la gestion de l’or bleu. Le marché des «Smart Cities» est estimé quant à lui à plus de 100 milliards de dollars à horizon 2030, à l’échelle mondiale.

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