etats-Unis

Barack Obama: «Les Américains ont besoin de notre aide»

C’est la question de l’emploi qui a dominé le Discours sur l’état de l’Union de Barack Obama, alors que 10% de la population est au chômage, un chiffre très haut pour les Etats-Unis.

Dans son premier discours sur l’état de l’Union, Barack Obama s’est employé mercredi à rassurer les Américains. Tentant de rétablir une confiance sérieusement effilochée ces dernières semaines, le président a surtout insisté, devant les membres du Congrès, sur la situation économique et la création d’emplois, le thème qui préoccupe les Américains et dont on lui reproche, un an après son élection triomphale, de ne pas faire assez de cas. «J’ai fait campagne sur une promesse de changement», rappelait-il, en concédant: «Aujourd’hui, je sais que beaucoup d’Américains ne sont pas sûrs que nous puissions changer, ou au moins que je puisse amener ce changement.»

Alors que le pays est encore plongé dans deux guerres, Barack Obama n’a fait qu’une toute petite place dans son discours à l’Irak et l’Afghanistan, se contentant de rappeler sa promesse de «ramener bientôt à la maison» les soldats encore présents en Irak. Plus largement, le thème de la sécurité intérieure, comme les dossiers de politique internationale n’ont occupé qu’une infime partie de ce discours, retransmis en direct par la plupart des grandes chaînes de télévision américaines.

L’essentiel était ailleurs. Alors que la récente défaite des démocrates dans le Massachusetts a donné le sentiment d’une Maison-Blanche sur la défensive, le président a reconnu que certains revers «étaient mérités». Il en a rejeté une partie de la faute sur les membres du Congrès qui se trouvaient devant lui. Aux démocrates, il a rappelé qu’ils disposaient encore «de la plus vaste majorité depuis des décennies». «Les gens attendent que vous résolviez leurs problèmes», a-t-il sermonné. Quant aux républicains, il leur a reproché leur opposition frontale, «peut-être payante politiquement à court terme mais qui ne démontre pas un sens du leadership». «La responsabilité de gouverner est aussi la vôtre», leur a-t-il lancé en soulignant leur recours systématique à la minorité de blocage.

A propos de la réforme du système de la santé, qui a consisté l’une des grandes priorités de son administration durant cette année, Barack Obama n’a pas donné de piste claire après que son parti a perdu la majorité qui lui permettrait de l’adopter seul. Il a certes promis de continuer à travailler dans cette direction, mais en semblant reconnaître que le destin de cette réforme se trouvait désormais entre les mains des élus, qu’il a presque implorés de mettre fin à «leurs vieilles querelles»: «N’évitez pas cette réforme. Pas maintenant. Pas lorsque nous sommes arrivés si près du but. Trouvons un moyen de terminer ensemble le travail en faveur du peuple américain.»

De même, sur la question du réchauffement climatique, Obama s’est montré prêt à donner des gages à l’opposition comme l’y oblige la nouvelle donne électorale. Ainsi, le président a notamment mentionné la nécessité d’accompagner le développement des énergies vertes par une nouvelle génération de réacteurs nucléaires et par l’exploration de nouveaux gisements pétroliers. Deux domaines chers aux républicains, qui ont d’ailleurs longuement applaudi Obama sur cette question tandis qu’ils sont restés silencieux de manière ostentatoire pendant de longues parties du discours.

Évoquant la création d’un réseau de trains à grande vitesse grâce au fonds du plan de relance économique, le président a cependant, ici aussi, abordé la question principalement sous l’angle de la création d’emplois. Il s’est engagé à doubler les exportations américaines d’ici à cinq ans dans le même objectif. «La création d’emplois doit être notre première priorité en 2010», insistait-il. «Les gens n’ont pas de travail. Ils souffrent. Ils ont besoin de notre aide.»

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