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Election présidentielle

François Hollande: "Renoncez au vote sans lendemain"

Le candidat du PS a réuni 100 000 personnes à Vincennes. La victoire semble à portée de main, mais les dirigeants du parti restent prudents

Militants et sympathisants socialistes, en un flot continu, remplissent progressivement l’esplanade du château de Vincennes. «Regardez, elle est là la vague!», raille Bernard Cazeneuve, l’un des porte-parole de François Hollande, faisant allusion aux propos de Nicolas Sarkozy, la semaine dernière, lorsqu’il disait sentir monter une vague en sa faveur. Pourtant, les socialistes refusent – du moins officiellement – l’idée que le «rassemblement» du jour tient de la démonstration de force envers le président-candidat. «Nous ne sommes pas dans le body-building», s’indigne Bernard Cazeneuve. «La ferveur est là, le rassemblement d’aujourd’hui va donner du souffle à François Hollande avant la dernière ligne droite», ajoute Ségolène Royal, la candidate de 2007 ­venue soutenir celui de 2012.

Au son de valses, de chansons françaises, puis sur la musique du groupe Kassav, la foule emplit peu à peu l’esplanade. Les organisateurs annoncent 100 000 personnes. Mais le temps, froid et venteux, ne permet pas la liesse populaire que François Hollande appelait de ses vœux. Et à l’heure du déjeuner, seule une poignée de militants avait bravé le froid pour venir pique-niquer sur place.

Ne pas céder à l’euphorie

«Tu ne tombes pas dans les pommes quand il arrive»: deux amies, transformées en groupies d’un jour, attendent impatiemment l’orateur principal, annoncé vers 15h30. «Nous voulons le voir, le soutenir», lancent-elles. «Vivement mai avec François Hollande»: de nouveaux autocollants et pancartes ont vu le jour dans la foule, parsemée de drapeaux. «L’important, c’est de nous retrouver pour montrer notre vitalité, notre dynamisme. Il faut du monde pour que 2002 ne se reproduise surtout pas, explique Françoise, la cinquantaine, venue de Sèvres, qui ne «fait pas confiance aux sondages» et ne veut pas «se faire avoir une deuxième fois.»

«Notre message, c’est «Votez Hollande au premier tour», ajoute-t-elle. «Rien n’est joué, poursuit Jean-Michel, militant socialiste venu des Ulis, une ville de l’Essonne, à majorité de gauche. Nous devons continuer à mobiliser jusqu’au dernier moment et faire du porte-à-porte tous les jours, c’est cela qui marche le mieux.» L’un des principaux messages du jour est bien celui-là: veiller à l’abstentionnisme, ne surtout pas croire que la victoire est acquise, continuer à convaincre jusqu’au dernier jour. «Nous avons à vaincre le fatalisme, le découragement qui nourrissent l’abstention. Jusqu’au bout, je vous le promets, j’irai chercher tous ces électeurs, pour les sortir de leurs doutes, de leur repli et les appeler à voter», lance François Hollande du haut de la tribune. Le candidat appelle à ne pas disperser les voix – une allusion à Jean-Luc Mélenchon –, et à «ne pas se perdre dans un vote sans lendemain» – une autre à Marine Le Pen.

La victoire semble pourtant à portée de main. «J’y crois à 100%, mais pas à 1000%, car il peut encore y avoir des aléas», confie Ahmed, lui aussi venu de l’Essonne. «On va gagner», scande un groupe de militants. Mais les dirigeants du parti restent prudents. «Nous sommes dans les derniers temps forts de la mobilisation. Nous sommes sereins, mais concentrés et tendus vers un seul objectif: placer François Hollande le plus haut possible au premier tour», explique Delphine Batho, une autre porte-parole du candidat. Ce dernier, en tout cas, «sent monter l’espoir des profondeurs du pays», et il le clame haut et fort: «Je suis prêt à gagner le 6 mai, je suis prêt à présider la France.»

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