Ukraine

L’Estonie confirme une conversation piratée avec Catherine Ashton

Lors d’une conversation téléphonique avec la représentante de la diplomatie européenne fin février, le chef de la diplomatie estonienne a évoqué des snipers tirant sur les manifestants comme sur la police à Kiev, et qui ne seraient pas forcément du côté du pouvoir du clan Ianoukovitch

Le chef de la diplomatie estonienne a confirmé mercredi le contenu d’une conversation téléphonique piratée qu’il a eue avec la représentante de la diplomatie européenne sur des allégations selon lesquelles les snipers auraient tiré sur les manifestants comme sur la police lors des événements dramatiques des 20 et 21 février à Kiev.

«Le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Paet, regrette vivement que cette conversation avec la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, ait fuité, mais nous en confirmons l’authenticité», a déclaré sa porte-parole Minna-Liina Lind à l’AFP.

Cet entretien téléphonique a eu lieu le 26 février, a-t-elle précisé. M. Paet s’était rendu à Kiev, la veille, le 25 février, pour rencontrer le nouveau gouvernement provisoire après les violences attribuées au président déchu Viktor Ianoukovitch ayant fait des dizaines de victimes lors des manifestations sur la place Maïdan.

Le ministre estonien a déclaré à Catherine Ashton que, selon ses sources à Kiev, «c’étaient les mêmes tireurs embusqués qui ont tué des gens des deux côtés», aussi bien parmi les manifestants que parmi les policiers. «Là-bas, ils pensent de plus en plus que ce n’était pas Ianoukovitch qui était derrière les snipers mais quelqu’un de la nouvelle coalition», a-t-il dit.

«C’est assez troublant que la nouvelle coalition ne veuille désormais plus enquêter sur ce qui s’est vraiment passé», a-t-il ajouté. «Je pense que nous devons enquêter. Moi, je ne sais pas. Je n’ai pas entendu cela», lui a répondu Mme Ashton.

Selon sa porte-parole, M. Paet a exprimé «sa préoccupation concernant la situation sur le terrain», lors de cette conversation. «Nous rejetons l’affirmation selon laquelle M. Paet évaluait la participation de l’opposition à la violence», a-t-elle ajouté.

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