France

Valérie Trierweiler publie un livre en forme de règlement de compte

L’Elysée n’a pas officiellement réagi au livre de l’ancienne compagne de François Hollande. Il sort à 200 000 exemplaires ce jeudi, et sera diffusé en Suisse. Le président est la principale victime de ces confessions faussement naïves

Confessions amères d’une ex-première dame

France L’Elysée n’a pas officiellement réagi au livre de Valérie Trierweiler

Il sort à 200 000 exemplaires, et sera diffusé en Suisse

C’est peu de dire qu’en matière de publicité, le livre de Valérie Trier­weiler a fait fort. Avant même d’avoir pris place sur les rayonnages et sans avoir été lu par personne, à l’exception de la poignée de journalistes autorisés, au Monde et à Paris Match, il a déjà fait s’écouler des litres d’encre et de salive. Tiré à 200 000 exemplaires, Merci pour ce moment, publié par l’éditeur indépendant Les Arènes, atterrit ce jeudi dans toutes les librairies de France. Quelques jours encore, et on pourra le trouver en Suisse.

Avait-il d’autres objectifs que le tapage qui a précédé sa sortie? Celui de soulager une ex-première dame meurtrie par les circonstances rocambolesques de sa séparation, huit mois après les faits? A l’aune des extraits aux forts relents de déballage dévoilés en amont, l’ouvrage de l’ancienne compagne de François Hollande ne sera pas celui qui restaurera la grandeur de la fonction politique en France. Cela, la journaliste politique que fut Valérie Trierweiler ne pouvait l’ignorer. Il ne redorera pas le blason du chef de l’Etat.

Le règlement de comptes est trop flagrant pour ne pas être assumé. Déjà profondément embourbé dans son impopularité, le président s’annonce comme la principale victime de ces 320 pages. Autant pour la «normalité» et le «comportement en chaque instant exemplaire» dont il se targuait. Pour l’heure, l’Elysée s’est abstenu de toute réaction officielle. Tout au plus un proche du président a-t-il confié que le président était «atterré» par la publication de ce livre dont il ignorait le projet.

Ces derniers temps, Valérie Trier­weiler s’était fait oublier. Elle était, relate Le Monde, accaparée par la rédaction «dans le plus grand secret, sur un ordinateur qu’elle avait pris soin de ne relier à aucune connexion», du récit du naufrage de la romance qui la liait depuis neuf ans à François Hollande. Elle avait pourtant prévenu, quelques jours après la publication du communiqué lapidaire transmis à l’AFP par lequel François Hollande signifiait publiquement la rupture: «Je suis plus dans la déception que dans la colère» mais je «n’exclus pas d’écrire un livre».

Annoncé comme une «publication choc», celle de «confessions explosives», Merci pour ce moment risque pourtant de faire «pschitt», une fois passés les premiers frissons voyeuristes. La lecture du passage dans lequel Valérie Trierweiler met en scène son empoisonnement aux somnifères, alors que la nouvelle de la liaison entre le président et l’actrice Julie Gayet se répand sur les ondes, devrait déjà rassasier quelques curieux. «Je saisis le petit sac en plastique qui contient des somnifères […] François m’a suivie. Il tente de m’arracher le sac […] J’avale ce que je peux. Je veux dormir, je ne veux pas vivre les heures qui vont arriver.»

Ceux qui souhaiteront aller au-delà pourront se repaître des flèches qu’elle décoche, ici et là, dans l’entourage présidentiel: Stéphane Le Foll qui la somme de passer «par lui» si elle veut «une soirée avec François»; Manuel Valls et Pierre Moscovici, d’anciens proches, aux «abonnés absents» depuis la rupture; Claude Sérillon, qui a l’«indécence» de suivre le président jusque dans la salle de bains conjugale. Reste à voir où se situe l’indécence. Dans la fausse naïveté de ces confessions sur les us et coutumes au sommet du pouvoir? Dans la gourmandise avec laquelle elle savoure sa propre jalousie? «Oui, jalouse je le suis, comme je l’ai été avec chaque homme que j’ai aimé. Je ne sais pas ne pas l’être lorsque je suis amoureuse.» Ou dans la descente en flammes de François Hollande?

Le compagnon d’abord. Son image, déjà abîmée par la révélation de son idylle clandestine avec Julie Gayet, est lacérée par la plume vengeresse. Il est «froid»; elle est son «faire-valoir». «Nous avions envisagé un mariage juste avant Noël en tout petit comité à Tulle. Il s’est rétracté un mois avant, avec des mots d’une cruauté inouïe.» Ou encore, lorsqu’elle le questionne à propos des rumeurs d’infidélité: il dément, elle l’agace avec «cette faribole».

L’homme d’Etat ne réchappe pas plus du matraquage. Il vit sous «perfusion médiatique»; il «cajole les journalistes»; il «tient à sa popularité comme à une drogue dure». Plus aigre encore, le socialiste qui s’est «présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches», en réalité, «n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé: «les sans-dents», très fier de son trait d’humour».

Valérie Trierweiler était mal-aimée des Français à l’époque où elle vivait sous les ors de l’Elysée. Le président, lui-même, l’a répudiée. Mais la roue se serait inversée. A la lire, ces derniers mois, il l’a poursuivie de ses assiduités. «Ses messages me parlent d’amour. Il m’écrit que je suis toute sa vie.» Malaise.

«Nous avions envisagé un mariage. Il s’est rétracté un mois avant, avec des mots d’une cruauté inouïe»

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