diplomatie

Poutine-Porochenko, la rencontre de la dernière chance?

Les présidents russe et ukrainien discuteront à nouveau vendredi prochain. Alors que sur le terrain, la trêve semble être en lambeaux

Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé samedi une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine lors d’un sommet vendredi prochain. Dans l’est de l’Ukraine, le processus de paix est en ruine: les autorités locales annoncent la mort de quatre nouveaux civils.

Trois personnes sont décédées vendredi à Donetsk et une dans la région voisine de Lougansk, tandis que l’armée ukrainienne a annoncé la mort d’un garde-frontière dans la région de Donetsk, ce en dépit d’un cessez-le-feu instauré le 5 septembre pour apaiser une guerre qui a fait selon l’ONU plus de 3600 morts en six mois.

Sur le plan diplomatique, les négociations se poursuivent tant bien que mal. En déplacement à Kharkiv, dans l’est du pays et au nord de la zone rebelle, Petro Porochenko a affirmé qu’il rencontrera vendredi son homologue russe, en présence notamment de la chancelière allemande Angela Merkel et des Premiers ministres italien Matteo Renzi et britannique David Cameron.

Cette entrevue se déroulera dans le cadre du sommet ASEM (Dialogue Asie-Europe) qui réunira des dirigeants de l’Union européenne et plusieurs pays asiatiques les 16 et 17 octobre à Milan. «Je ne m’attends pas à des négociations faciles», mais «je suis optimiste», a prévenu Petro Porochenko, ajoutant que Moscou devait passer «des déclarations aux mesures concrètes».

Si l’entretien doit se concentrer sur la recherche de la paix dans le bassin houiller russophone du Donbass, les deux chefs d’Etat vont aussi évoquer, selon Petro Porochenko, la coupure des livraisons de gaz russe à l’Ukraine. Ces livraisons doivent faire l’objet de négociations à Berlin le 21 octobre.

La semaine à venir s’annonce intense sur le plan diplomatique puisque le sommet de Milan sera précédé d’une rencontre, consacrée notamment à la crise ukrainienne, entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry à Paris mardi.

«Dans l’ensemble, il y a des progrès dans les négociations», a réagi à Kiev le porte-parole militaire Andriï Lyssenko. «Nous espérons des résultats importants la semaine prochaine, qui dépendront du respect par la Russie de ses obligations». Il a ajouté qu’une «diminution de l’intensité des tirs» des rebelles avait déjà été constatée.

Le nouveau gouverneur nommé jeudi par Petro Porochenko pour diriger l’administration de la région de Donetsk, Olexandre Kikhtenko, s’est dit quant à lui prêt à des discussions avec les rebelles, à condition qu’elles soient «constructives».

Du côté des insurgés, le Premier ministre autoproclamé de la République séparatiste de Donetsk (DNR) Alexandre Zakhartchenko s’est également dit prêt à retirer ses armes lourdes du front à condition qu’un cessez-le-feu soit respecté pendant cinq jours. Mais des journalistes de l’AFP sur place ont continué d’entendre des tirs réguliers après cette annonce.

Publicité